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Ils font la Civic Tech

Des députés tirés au sort à l’Assemblée nationale avec Ma Voix ?

25 mars 2016 • By

Le collectif Ma Voix a pour ambition de « hacker » l’Assemblée Nationale en faisant élire des citoyens volontaires, formés et tirés au sort. Cette expérience démocratique inédite est programmée pour les législatives de juin 2017 mais l’agenda politique leur offre une première tentative à l’occasion de la législative partielle de Strasbourg qui se tiendra au printemps.

#MaVoix

J’ai proposé à Quitterie de Villepin qui est notamment à l’origine du projet, de le présenter dans une interview. Elle m’a répondu que le collectif ne veut pas entretenir le phénomène de « personnification » et que c’est pour ça qu’ils ne donnaient pas d’interview aux médias traditionnels malgré de nombreuses sollicitations.

Elle m’a donc proposé de réaliser une entretien d’un genre nouveau, leur première interview collective. Au final, 22 volontaires ont pris le temps de répondre à mes questions. Merci à Toan, Valentin, Hugo, Guits, Hervé, Didier, Cat, Mélanie, Bruno, Arnaud, Marie, Jeff, Quitterie, Sly et les autres. Ils font la Civic Tech cette semaine.

Élire des parlementaires issus du processus de sélection électoral que l’on connaît sous la Ve République, c’est dépassé et non représentatif du peuple, selon vous ? En quoi ?

L’élection présidentielle est concomitante de celle des députés. Il n’y a plus de distinction entre les pouvoirs et, comme on le constate de plus en plus, le parlement est devenu le scribe de l’exécutif. De plus, les députés adhérents à un parti ne représentent en fait qu’un très faible pourcentage de la population.

Les limites de la sélection de représentants par l’élection, telle que définie aujourd’hui, sont le non renouvellement des charges politiques, l’absence de possibilité de contrôle, de révocation si les promesses sont trahies et l’abandon complet des citoyens du gouvernement de leur Etat. On élit toujours les personnalités les plus médiatisées et celles qui ont investie le plus dans leur campagne, ce qui entraîne la formation d’une caste politique et par définition un manque de représentativité de nos élus. C’est dépassé, car aujourd’hui il y a une vraie envie de démocratie, de croissance du devoir citoyen, on ne veut plus donner tout les 5 ans des chèques en blanc.

Les députés sont maintenant considérés comme appartenant à une élite, éloignées des considérations des électeurs, et accrochés à leur siège plutôt qu’à leurs électeurs. Ils deviennent des professionnels de la politique avec une carrière à préserver, donc des votes à privilégier

Le processus de sélection actuel des candidats repose sur des partis politiques dont la forme est dépassée (réflexion externalisée dans les think-tanks, réseaux militants limités aux élus et collaborateurs, faible prise en compte des transformations du monde, concentration des enjeux autour des personnes et des carrières politiques professionnelles…). C’est ce processus là que nous voulons changer grâce aux formations, aux plateformes numériques et au tirage au sort.

Ce modèle a été construit dans un autre contexte historique, à une époque où il n’y avait pas internet, pas les mêmes modes de circulation de l’information, pas les mêmes types d’engagements des individus, etc.

En quoi les politiques actuels ne seraient plus les représentants du peuple ?

Dès le départ, l’idée de représentation est tronquée, c’est l’idéologie sous la bannière de laquelle s’est ralliée à un moment donné une majorité d’électeurs qui est représentée. L’abstention, le vote blanc ne sont pas pris en compte dans le comptage des suffrages, pourtant les citoyens qui choisissent cette voie délivrent un message, qui est souvent laissé de côté, et cette partie du peuple représente plus de 50% des inscrits sur les listes aujourd’hui.

Leurs choix et leurs actions sont souvent très éloignés de leur programme sur lequel nous les élisons, et nous n’avons que très peu de moyens de les interpeller en cours de mandats pour leur indiquer nos positions, nos souhaits et nos choix précis, loi par loi par exemple. Personnellement j’ai l’impression de faire un chèque en blanc et je n’aime pas ça !

Les députés devraient voter en leur âme et conscience, mais en réalité ils votent plutôt en fonction des consignes de leur parti. Dans les deux cas, ils ne demandent jamais ce que pensent les électeurs sur chaque sujet, sur chaque loi. Seul, Frédéric Lefebvre, député des français de l’étranger qui essaie les pétitions pour connaître l’avis des français.

Vous dites « Il n’y a plus rien à attendre de ceux qui nous gouvernent ». On pourrait vous accuser de populisme… Qu’est-ce qui vous différencie de ce mode de pensée ?

Pour moi, il n’y a plus rien à attendre de ceux qui nous gouvernent AUJOURD’HUI. Mais je suis contre le populisme ou l’anti-système. Tant que les politiques resteront un système ou ils ont droit de faire ce qu’ils veulent, sans aucune conséquence et que leur carrière et plus importante que le reste, on pourra mettre qui l’on veut au « pouvoir », même Gandhi, ce sera toujours le même résultat.

Nous ne sommes pas populistes, au contraire. Nous cherchons à arrêter le défaitisme, arrêter la complainte, ce constat qui dirait tous pourris et qui justifierait tout, nous le refusons. Non, les politiques ne sont pas les seuls responsables. Nous sommes tous responsables. Nous avons été responsables de ce jeu, car nous l’avons joué, nous avons été accrocs à la petite phrase politique, à l’actualité trop rapide, nous avons cru que les choses étaient ainsi, nous avons joué le jeu des élections, nous avons pour certains été militants ou en politique, nous avons eu des réveils difficiles. Mais nous sommes responsables dans les deux sens. Nous pouvons construire notre avenir et changer les règles du jeu. Parce que nous sommes responsable nous n’avons rien à attendre de ceux qui nous gouvernent, car nous avons été déçus, très bien, nous sommes exigeants envers nous-même et nous allons construire les alternatives, proposer et avancer…

Le système de la Vème république est incapacitant pour les femmes et les hommes que nous sommes, il entrave nos projets de civilisation nouvelles, mais il est parfois pratique : nous nous déresponsabilisons et nous rejetons toujours la faute sur les autres et ceux qui nous dirigent. A tort ou à raison. Qu’on le veuille ou non, ils sont le produit de notre action ou inaction. Même les abstentionnistes sont responsables de la situation actuelle, oui, y compris eux. Si nous avons toutes les raisons d’être en colère car nous nous sentons pris au piège, nous pouvons constater simplement l’échec des politiques en général. Pourquoi les mêmes personnes depuis 30 ans dans le même système pourraient faire mieux demain qu’hier ?
Il y a en fait un problème s’ils échouent tous, cette version de la démocratie est anachronique et dépassée. Cette colère que nous ressentons tous est une formidable énergie et une force qu’il faut transformer en proposition, en plaisir et envie d’aller de l’avant et d’inventer un horizon nouveau pour la démocratie. Certains autres mouvements politiques surfent sur la colère, sur la peur de l’autre, le rejet, ils disent « tous pourris », mais ils veulent eux aussi qu’on leur délègue notre responsabilité. Et pourquoi feraient-ils mieux que les autres ? Avec les mêmes institutions, les mêmes banques et les mêmes lobbies. Nous voulons sortir de cette délégation qui nous enlève notre capacité à être debout, vivant et décideur de notre présent et avenir. #MaVoix c’est prendre et assumer sa responsabilité. Individuelle. Au sein du collectif. C’est le « Je » dans le « Nous ». C’est être démagogique de dire : « prenons nos responsabilités, décidons, assumons, soyons comptables » ? Et donc à l’inverse de celles et ceux qui attisent peur et haine de l’autre, nous voulons au contraire aller vers l’Autre, ce citoyen qui ne nous ressemble pas, mais avec qui nous devons construire de fait la société dans laquelle nous vivons.

Est-il réaliste de vouloir « co-construire » et décider ensemble quand il s’agit de participer, via l’Assemblée,  à la bonne marche d’une nation de 70 millions d’habitants ?

Prise de décision du collectif Ma Voix #MaVoix

Nous ne cherchons pas à être d’accord sur tout, nous cherchons les modalités qui nous permettrons de débattre sainement. Il se trouve qu’aujourd’hui nous avons des outils pour cela, des citoyens engagés qui ont envie de prendre leur place à la table des décisions et qui comprennent la responsabilité que cela implique, des outils de débat en réel et online, et petit à petit se développent à travers le monde différents outils pour partager et voter en ligne. Oui c’est réaliste.

Les moyens technologiques, méthodiques ont évolué, nos institutions datent d’un siècle dépassé. Le collectif #MaVoix est une expérience, une expérience n’est pas forcément couronnée de succès, mais elle a le mérite d’essayer. Nos 50 députés présents en moyenne sur 577 sont ils plus capables et légitimes de décider pour 70 millions de français ?

La fabrique de la loi est déjà un processus de co-construction entre le Gouvernement et le Parlement, l’Assemblée nationale et le Sénat, les majorités et les oppositions qui s’expriment via les amendements… sans parler de l’influence des corps intermédiaires. Il s’agit désormais d’élargir la table de discussion et de décision pour que d’autres voix s’expriment. Grâce à des outils numériques, nous pouvons commencer à répondre aux défis de temps et d’espace qui rendaient jusqu’ici indépassable la démocratie représentative élective.

Quelles sont ces « méthodes » et « outils d’intelligence » collective que vous développez ?

Pour vivre ensemble en décidant ensemble, il faut que nous apprenions à le faire. Nous en sommes loin. Nous n’apprenons pas dans nos écoles à faire « avec », à faire ensemble. Nous apprenons plutôt la compétition, le chacun pour soi, rentrer dans des cases, des castes et des moules. Pour réaliser la transition dont nous avons besoin, nous avons besoin de déconstruire ce que nous avons appris, et de nous former les uns les autres à toutes les nouvelles matières qui vont nous aider à faire cette mutation. Heureusement, beaucoup de nouvelles sciences, visions et outils émergent et sont documentés : internet et démocratie, reinventing organisation, community organizing, la facilitation, l’holacratie, la sociocratie, beaucoup de pionniers sont là pour éclairer la route, comme l’Université du Nous, par exemple, ou encore Frédéric Laloux, Dominique Cardon, Dominique Rousseau, Cynthia Fleury, Michel Bauwens, Richard Stallman, et tant d’autres… Il y a un gros enjeu de formation pour les citoyens que nous sommes dans #MaVoix. Il y a comme une école dans le projet. Nous construisons un MOOC pour former les citoyens aux institutions du Parlement. Car pour hacker un système, il faut le connaître. On va donc se former aux institutions mais aussi à la transmission pair à pair des connaissances d’intelligence collective : techniques de facilitation, initiations aux matières citées ci-dessus. #MaVoix est une expérience apprenante. On ne sait pas où on va, mais on sait qu’on apprend. Toutes les réunions sont montées comme cela en 2 parties : on se nourrit d’abord, puis on enrichit l’expérience. Enfin, nous testons différents sites de prise de décision en ligne comme DemocracyOS, et Cocorico, en particulier, et des contributeurs construisent brique après brique les outils dont nous avons besoin. Tout est sur le github #MaVoix pour les développeurs que ça intéresse. Nous testons un premier vote avec un protocole blockchain. Au lieu d’en parler, nous nous sommes dits que ça serait plus intéressant de le tester et de comprendre comment ça marche et ce que ça nous apporte ou pas. C’est assez excitant de découvrir en même temps autant de matières émergentes, c’est une sacré chance que nous nous offrons à travers #MaVoix. C’est la contre partie de notre engagement en temps et en énergie, quelle récompense !

Si l’on comprend bien, dans votre modèle, le député n’est qu’un hologramme destiné à recevoir les ordres de ceux qui l’ont fait. Bien des fois, il faudra voter « oui » ou « non » à une proposition de loi, à une orientation budgétaire, et vous ne serez pas toujours d’accord entre vous. Comment cela se passera-t-il alors ?

Le vote de la loi fonctionne toujours sur le mode oui/non/abstention. Un plateforme comme DemocracyOS permet de connaître la répartition des votes. Si #MaVoix n’avait qu’un(e) député(e), il voterait comme le résultat majoritaire exprimé sur la plateforme ; s’il y avait plusieurs député(e)s, ils voteraient en proportion des résultats.

Imaginons : on a 10 députés MaVoix. Sur la loi « X », on dénombre sur la plateforme de vote 30% de non, 50% de oui et 20% d’abstention. Alors 3 députés MaVoix voteront non, 5 voteront oui et 2 s’abstiendront.

Tout dépendra du nombre de députés. S’il n’y en a qu’un, ce sera, effectivement, délicat. Mais à partir de trois, le vote de nos députés reflétera la diversité des décisions sur la plateforme.

Nous ne cherchons pas à être d’accord sur tout, mais à trouver les modalités pour débattre et pour voter. Effectivement dans l’expérience #MaVoix la promesse de départ est que les députés répercuteront à l’AN les votes des électeurs. Mais ne pas être d’accord c’est un signe de bonne santé, il y a un débat avant, qui permettra aussi de se positionner, de se forger sa conviction, de prendre position ou de s’abstenir d’ailleurs. Le député peut aussi faire remonter ce qui se passe à l’AN, puisque nous n’y avons pas toujours accès. Mais à un moment donné, c’est le vote, et là les citoyens se prononcent, là effectivement le député répercute les votes. Il y a une différence notable c’est que c’est les citoyens qui débattent et se positionnent et non les députés et il est beaucoup plus difficile pour un groupe politique et des lobbys de retrouver chacun des électeurs chez eux et de faire pression.

Le député est effectivement un moyen. Des femmes et des hommes d’accord pour jouer le jeu du maillon de la chaîne. Sans elles et eux, ça ne serait pas possible de faire cette expérience inédite. MAIS en ce qui concerne la décision et l’expression de la délibération, nous n’avons pas à nous mettre d’accord. Ce n’est pas ça la promesse de #MaVoix. « Tu votes pour qui ? » « Je vote pour #MaVoix » = je vote pour me positionner. » Ma voix compte. Telle qu’elle. Nous ne sommes pas dans un cas exécutif, nous sommes dans l’Assemblée Nationale. L’expression de toutes et tous. Nous appliquerons donc la proportionnelle. Nous retranscrirons tel quel le résultat du vote sur le nombre de députés la proportion de oui, de non, d’abstention. Question de cohérence, et ça permettra d’avoir un climat plus serein, pas besoin de gagner un groupe de députés, juste faire entendre sa voix. Ce n’est pas un affrontement mais un positionnement. Ca change tout. Dans #MaVoix, il n’y a pas de camp contre camp. Il n’y a pas de frontières idéologiques préconçues. Il y a des gens, tous différents qui s’allient un jour sur un sujet, s’affrontent le lendemain sur un autre, etc… Ils se respectent eux-mêmes toujours puisqu’ils n’ont pas à adopter la posture d’un parti, ils ont juste à être eux-mêmes et à penser par eux-mêmes. Evidemment en se nourrissant du débat dans l’Espace Public, mais en détenant personnellement la clé de décision toujours à la fin. Qui mise bout à bout forme une décision collective.

 

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Cette interview est composée d’une sélection des réponses qui résument les différentes réactions des 22 membres du collectif. L’ensemble de leurs réponses est disponible ici.


Liens de la semaine

Les liens CivicTech de la semaine #10

20 mars 2016 • By

Chaque dimanche, retrouvez les liens Civic Tech de la semaine.

Bientôt sur CivicTechno.fr, la première interview « collaborative » du collectif Ma Voix.

22 des membres de #MaVoix ont eu la gentillesse de répondre à quelques questions, la synthèse ainsi que la totalité des réponses dans quelques jours sur ce blog.

Interview-à-autant-qu'on-veut ;-)Bonjour à toutes et à tous, nous avons reçu une demande d'interview par écrit de la…

Posté par MA VOIX sur vendredi 11 mars 2016


 

Les liens CIvicTech de la semaine #10 - Civic tech

Panorama de la Civic Tech : que demande le peuple ? – Studios Singuliers

  • Aujourd’hui, la Civic Tech n’a pas encore véritablement trouvé son modèle économique. Ses plates-formes connaissent un fort taux d’érosion, car en politique, seuls restent ceux et celles qui construisent leur engagement dans le temps. L’open data et l’open source ont du mal à s’imposer dans les entreprises. Quant à la mobilisation des citoyens sur le terrain, pas seulement devant leurs écrans, c’est une autre paire de manches. Cependant, grâce à la Civic Tech, une transition vers de nouvelles formes de démocratie est certainement en marche, ce qui semble aller dans le sens de l’Histoire.

  • Les acteurs de la Civic Tech contribuent à renforcer l’engagement citoyen, la participation démocratique et la transparence des gouvernements et entreprises : si bien qu’à l’horizon, se profilent de nouveaux modes de représentation plus flexibles comme la démocratie liquide, permettant de déléguer son vote à un autre citoyen. Ce mandat de représentation est dit liquide car révocable, ce qui est plus engageant qu’un simple partage sur la toile et potentiellement très viral. Les citoyens pourront plus directement participer à la vie politique, à condition de reconquérir leurs facultés de proposer, de débattre, de délibérer ensemble, en continu, sur tous les sujets de la cité. Grâce aux progrès de la cryptographie et au modèle de la blockchain expérimenté sur le Bitcoin, demain, la technologie devrait permettre d’organiser des votes dont il sera impossible de falsifier les résultats. La Civic Tech n’en est encore qu’à ses débuts. Tout reste donc ouvert pour les prochaines années, qui nous réserveront sans doute de belles surprises. Et vous, quel est votre engagement ?

Axelle Lemaire : quelle impulsion numérique avant la fin du quinquennat ? – ItEspresso

Dans une interview vidéo, Axelle Lemaire énumère les dossiers qu’elle souhaite approfondir d’ici 2017 et qui entrent dans ses prérogatives : suivi du projet de loi sur la République numérique (l’examen par le Sénat commence prochainement), Plan France Très Haut Débit avec le cap maintenu pour l’année 2022, la digitalisation des TPE-PME qui manque de souffle mais aussi la « mobilisation citoyenne par le numérique » (concept de « Civic-Tech »).

Les « civic techs », dernière chance de décloisonner la politique ? – David Guez dans La Tribune

En deuxième lieu, les civic techs permettent de modifier durablement la nature de l’engagement politique. Jusqu’à présent, un citoyen souhaitant agir disposait principalement d’axes d’actions traditionnels : parti politique, syndicat ou association.

Toutefois, la barrière à l’entrée est forte et suppose une grande implication pour que l’action individuelle puisse impacter et influencer la prise de décision de l’entité au sein de laquelle le citoyen participe. Sauf à y consacrer quasi l’intégralité de son temps, cela reste difficile, ce qui explique la professionnalisation de la classe politique.

Grâce au numérique, le citoyen dispose dorénavant d’une capacité d’interaction réelle avec la sphère politique, à géométrie variable selon ses envies et sa disponibilité. Il est ainsi possible de participer à des sondages en ligne ou des débats d’idées, à l’élaboration de projets de loi ou co-construire un programme politique.


Liens de la semaine

Les liens CivicTech de la semaine #9

13 mars 2016 • By

Chaque dimanche, retrouvez les liens Civic Tech de la semaine.

Les liens CIvicTech de la semaine #9 - Civic tech

Audrey Tang : dans la boîte à outils d’une hacktiviste – La Netscouade

Gourou de la révolution civic tech et de la gouvernance ouverte à Taiwan, Audrey Tang intervenait le 1er mars à Paris à l’invitation de Personal Democracy France et de La Netscouade. Audrey, c’est l’ hacktiviste par excellence, qui consacre son temps et son talent de développeuse à créer de nouveaux outils en ligne pour “réinventer” la démocratie. Open source, open data, sousveillance ou encore réalité virtuelle… Rencontre avec une développeuse engagée, qui met pour de bon l’imagination au pouvoir !

Audrey Tang - Gourou CivicTech

Projet de loi Sapin 2: le rôle des lobbys enfin reconnu ! – Emmanuel Guichard

  • Sur le contenu du répertoire numérique des représentants d’intérêt, le projet de loi est vague : identité, et champs d’activité de représentation d’intérêts. Un décret en Conseil d’Etat fixera les détails. Au niveau européen, des informations sur les montants financiers utilisés au fin de la représentation d’intérêt doivent être indiquées (soit en % soit par tranche financière).
  • Il faut souhaiter que les données sources seront accessibles en open data pour permettre à la civic tech (comme par exemple Democracy OS ou Parlements et citoyens ) de développer des outils et des comparaisons (en recoupant avec les emplois du temps des Ministres ou le registre européen, par exemple).

Le fisc va rendre public le code source du logiciel de calcul des impôts – Mashable

  • Le fichier sera disponible en ligne à partir du 1er avril 2016. Malgré la date choisie, cette annonce n’est vraisemblablement pas une plaisanterie : pour l’occasion, #CodeImpot, un hackathon de deux jours sera même organisé par Etalab et la Direction générale des finances publiques (DGFIP), dans les locaux de la fondation Mozilla (Paris).
  • En attendant, un Framapad a été lancé pour rassembler les contributions des participants. Plus tard, le code source pourra être intégré à Open Fisca, un moteur ouvert de micro-simulation du système socio-fiscal. Souhaitons à cette initiative d’être la première d’une longue série d’ouvertures de code source de l’administration.

Primaires américaines : 5 start-up qui veulent changer la démocratie – L’Usine Digitale

Après le Super Tuesday du 1er mars, la campagne des primaires pour les élections présidentielles américaines continue. Les électeurs ont encore quelques mois pour faire leur choix. Des start-up, qui veulent améliorer le processus démocratique sur le long-terme, peuvent encore les aider.  Voici 5 de ces jeunes pousses américaines qui pourraient changer la donne. (Brigade, DemocracyOS, BallotReady, FollowMyVote, Agora)


Ils font la Civic Tech

Civocracy : « Si le système ne plaît pas, on a le pouvoir et les moyens de le changer »

2 mars 2016 • By

Civocracy propose une solution Civic Tech dédiée à favoriser l’engagement citoyen et à faciliter la coopération des parties prenantes dans le débat public. Leur ville pilote (Potsdam en Allemagne) a d’ailleurs lancé sa première discussion hier sur leur plateforme cette semaine.

Ils font la Civic Tech cette semaine et c’est Chloé Pahud, cofondatrice de la start-up qui répond à nos questions.

En quoi la démocratie actuelle ne représente-t-elle plus les citoyens ?

Pour moi la démocratie, c’est nous tous. Je n’aime pas beaucoup cette tendance à diaboliser les politiques et béatifier les citoyens. Je trouve que c’est vraiment déresponsabilisant ! Il est vrai que l’on parle de « paralysie démocratique » mais il me semble que la responsabilité est partagée. Si le système ne plaît pas, on a le pouvoir et les moyens de le changer. On veut se sentir représenté ? Élevons la voix ! On veut participer ? Passons à l’action ! On veut du changement ? Créons-le.

Quelles solutions proposez-vous ?

Nous avons développé une plateforme qui permet aux citoyens d’avoir leur mot à dire dans les décisions que prennent leur ville.

Sur Civocracy, chacun peut mettre en avant les sujets qu’il trouve importants, et pour chaque sujet, identifier les acteurs clés, chercher des solutions concrètes avec ses voisins et ses élus, et trouver des moyens de s’engager dans leur réalisation. C’est un lieu décentralisé où chaque point de vue peut être donné, voté, qui facilite la co-création et encourage l’action, utilisant au mieux la technologie et faisant le lien avec les initiatives sur le terrain.

Logo Civocracy - engagement citoyen et civic tech

Cela pourrait-il se faire sans l’émergence des nouvelles technologies ?

Oui et non. Celui qui anime le débat et ceux qui y participent sont cruciaux, mais la technologie est ce levier magnifique qui permet de surmonter ou contourner beaucoup de problèmes. La clé reste néanmoins les utilisateurs de l’outil, et comment ils l’utilisent…

Votre démarche s’apparente à du lobbying, finalement ?

En France, ce terme est négativement connoté mais en Allemagne où nous sommes installés (Civocray est installé à Berlin), ce n’est pas si péjoratif. Si par lobbying on désigne la pratique de ces pressions et de ces influences qui s’exercent sur des hommes politiques, sur des pouvoirs publics et, plus largement, sur des décideurs, alors oui, nous pourrions représenter un lobby citoyen.

Mais ce qui me chagrine avec ce terme, c’est cette notion de rapport de force alors que ce que l’on essaie de rétablir c’est  un équilibre en permettant d’ajouter de la représentativité, de la nuance au débat, de l’empowerment, de valoriser l’action, etc… La démocratie quoi !

Civocracy mode d'emploi - engagement citoyen et civic tech

Bon, après, mon petit plaisir personnel (qui n’engage que moi) serait de rassembler une telle masse critique que des multinationales comme Monsanto devraient enfin fléchir, répondre de leurs pratiques et ne plus dicter leurs lois !

Comment « avoir un impact concret sur le problème » ?

Ah l’impact ! Il me semble que le mesurer est une des grandes difficultés dans les Startups CivicTech comme la nôtre. Pourtant, il est fondamental de pouvoir le faire. On se pose sans arrêt la question : quelles sont nos « success metrics » ? Comment on les mesure ? Est-ce que c’est le nombre de gens qui se rendent sur les discussions ? Ceux qui choisissent de passer à l’action ? Le nombre de votes ? La qualité des idées ?

On est encore en phase d’expérimentation, et c’est difficile d’arrêter de manière définitive la valeur ajoutée de ces indicateurs. On sait que l’on devra rester très vigilants sur ce que l’on nomme « succès ».

Estimez-vous faire partie d’un mouvement, d’une communauté Civic Tech ? Quelles sont, selon vous, les perspectives de ce secteur en France et à l’international ?

Il y a une vraie émulation autour de la participation et c’est bon signe ! Certains ont planché sur le problème depuis un moment et commencent à avoir une jolie notoriété. On ne s’attaque pas tous au problème de la même manière, c’est intéressant de voir comment les personnes s’approprient la notion de démocratie.

Très franchement, je suis persuadée que l’avenir des réseaux sociaux se trouve dans la CivicTech et que d’ici 5 ans, il y aura un acteur majeur dans ce domaine. Notre avenir se jouera dans notre capacité à nous différencier, mais aussi à collaborer.


Ils font la Civic Tech

LaPrimaire.org : « Tout le monde ne peut pas devenir président mais le président peut venir de n’importe où »

27 février 2016 • By

L’association Democratech (qui a pour ambition de mettre la technologie au service de la démocratie) va ouvrir le mois prochain le site de primaires citoyennes LaPrimaire.org. Le projet ? Organiser une primaire ouverte sur Internet, organisée pour permettre aux Français de choisir les candidats qu’ils souhaitent voir se présenter à l’élection présidentielle de 2017.

Il y a fort à parier que Thibauld Favre et David Guez vont faire parler d’eux dans les semaines à venir : ils font la Civic Tech cette semaine.

Thibauld Fabre et David Guez - LaPrimaire.org

Vous proposez une primaire alternative pour 2017, ce quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une primaire ouverte et démocratique dont la principale caractéristique est d’être organisée hors du contexte des partis politiques. C’est une primaire démocratique car tout le monde peut être candidat et ouverte car elle ne défend aucune idéologie ni aucun programme. C’est aux candidats d’amener leur vision, leur programme, leurs idées et les citoyens pourront interagir avec eux et, in fine, noter chacun des candidats.
L’objectif est de faire émerger un candidat et plus largement une équipe crédible qui puisse avoir toutes ses chances à la Présidentielle de 2017.
De part ses caractéristiques uniques, une telle primaire n’est organisable qu’en ligne, via une application web et mobile (découvrez une présentation en vidéo ci-après). En ce sens, LaPrimaire.org est fait totalement partie de cette catégorie de projets dits de « Civic Tech ».

 

 

Les partis politiques ne représentent donc plus le peuple ?

Ce qui est certain c’est qu’aujourd’hui l’observatoire de la confiance en politique montre que les partis sont l’organisation publique dont les français se défient le plus : 87% des français ne font pas confiance aux partis politiques, c’est énorme !
L’une des explications se trouve certainement dans la déconnexion des partis politiques avec le peuple : tous les adhérents de tous les partis politiques réunis représentent aujourd’hui largement moins de 1% des votants.

Tout le monde, ou n’importe qui, peut-il devenir président ? N’a-t-on pas besoin de compétences, d’une formation et de qualités exceptionnelles ?

Tout le monde ne peut pas devenir président mais le président peut venir de n’importe où. L’état du pays et de la société aujourd’hui, c’est le résultat de la gouvernance continue de « professionnels » de la politique censés avoir ces fameuses compétences et qualités exceptionnelles.
Le résultat est sans appel : ça ne marche pas ! A nous, citoyens, de sortir de ce modèle désormais obsolète et permettre l’émergence de nouveaux talents d’ou qu’ils viennent. C’est pour cela que nous avons créé LaPrimaire.org.

Concourir pour la présidence, cela demande beaucoup d’argent. Comment comptez-vous financer la campagne de votre poulain ?

LaPrimaire.org logo Par les citoyens ! L’essor d’internet, des réseaux sociaux et du crowdfunding permet aujourd’hui de mobiliser directement les citoyens pour défendre les projets auxquels ils croient. De plus, comparé à d’autres pays, la France bénéficie de lois de financement électorale assez strictes et de plafonds de dépenses « relativement » bas, ce qui fait qu’un candidat alternatif peut rapidement devenir compétitif. Le plus gros obstacle reste probablement l’accès et le temps de parole dans les médias de masse mais, si l’engouement derrière LaPrimaire.org continue, qui sait ce qui peut se passer. Tout est possible.

Un président, ce sont des idées, mais on n’échappe pas à l’importance capitale que représente sa personnalité dans le « déclencheur » du vote. Pensez-vous que les Français sont prêts à voter pour un hologramme ?

Tout à fait, quoiqu’on en dise, la personnalité du candidat joue un rôle important et c’est normal car, en tant que citoyen électeur on a besoin d’avoir la conviction que le candidat qu’on choisit sera capable de défendre et de mettre en place le programme et les idées qu’il défend. C’est pourquoi il est primordial que les candidats finalistes de LaPrimaire.org aillent à la rencontre des citoyens  et c’est pourquoi nous prévoyons un tour de France entre octobre et décembre 2016, pour organiser des rencontres et des débats avec les candidats dans toute la France.

Estimez-vous faire partie d’un mouvement, d’une communauté Civic Tech ? Quelles sont, selon vous, les perspectives de ce secteur en France et à l’international ?

Tout à fait, aujourd’hui de plus en plus d’entrepreneurs développent des outils de CivicTech, cette communauté est encore assez jeune en France donc on se connait quasiment tous. En revanche, même si le mouvement Civic Tech est encore jeune, nous pensons que le potentiel est énorme, notamment en France, ou une majorité de citoyen ont une conscience politique très forte, contrairement à beaucoup d’autres pays.

 

 

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Liens de la semaine

Les liens Civic Tech de la semaine #6

21 février 2016 • By

Chaque dimanche, retrouvez les liens Civic Tech de la semaine.

Les liens Civic Tech de la semaine #6

Une large majorité de Français pourraient voter pour un candidat non affilié à un parti – Challenges

Une large majorité de sondés 78% se disent prêts à voter à une élection présidentielle pour un candidat qui ne serait « ni issu ni soutenu par un parti politique », selon un sondage Elabe.

« Ma Voix », ce mouvement politique qui veut faire élire des anonymes à l’Assemblée – We Demain

Le mouvement entend donc mettre en place des outils modernes dans l’hémicycle : La formation à l’activité de député, par exemple, se fera grâce à des MOOC, des cours gratuits en ligne. Une école que Quitterie de Villepin définit comme « un simple cours d’éducation civique 3.0 » et dont elle précise les modules : « Qu’est-ce que l’Assemblée Nationale ? », « Quel est le rôle du député ? », « Quel est le chemin de la loi ? », « Quel sera le rôle de ce député ‘augmenté’ ? »

Le coup de gueule de France Digitale contre l’inculture digitale de certains députés – L’usine digitale

Le projet de loi République Numérique porté par Axelle Lemaire, notre Secrétaire d’Etat, auquel France Digitale a contribué, a été voté en première lecture à l’Assemblée Nationale. Son processus législatif fut novateur, il contient de réelles avancées (open data, neutralité du net…) mais nous restons insatisfaits de la façon dont ont été traités certains enjeux (portabilité des données, traitements automatisés des emails et « loyauté des plateformes »). Nous espérons que la navette avec le Sénat permettra de rendre ce projet de loi favorable à la fois au consommateur et à l’essor de l’économie numérique…

Connaissez-vous DigitaleBox, le concurrent français de NationBuilder ? – Numerama

  • Puisque Jean-Luc Mélenchon et Alain Juppé l’utilisent, la France découvre en ce moment NationBuilder. Mais des entreprises françaises n’ont pas attendu que l’Américain soit à la mode pour proposer leur propre solution de gestion de campagne politique numérique. En France, DigitaleBox propose aussi des solutions, plus abordables.
  • « Je me suis dit à l’époque qu’il fallait aller plus loin que ces outils déjà existants mais surtout, créer un outil qui soit adapté aux cadres européen et français  ». 
  • «  C’est quand même plus logique que l’argent public des campagnes électorales soit dépensé en France via des plateformes françaises plutôt qu’en Californie »
  •  « Dans tous les partis politiques, il y a une culture de la donnée qui existe depuis bien avant la révolution numérique. Pendant 40 ans, Charles Pasqua tenait des petites fiches et ces dernières valaient de l’or. Et elles valent de l’or, car toutes ces données, les politiques peuvent les convertir en voix. »

De la radicalité démocratique avant toute chose – Léa Damotte-Martinovic, Mathieu Guibard et Adrien Peschanski sur MediaPart

La bonne nouvelle est qu’il existe un espace politique à vocation majoritaire pour une véritable radicalité démocratique. Le succès du simple appel aux primaires lancé par des acteurs essentiellement hors du champ politique, l’émergence des «civic tech» et le maintien d’une vie associative extrêmement riche à laquelle participent plusieurs millions de nos concitoyens en sont des illustrations probantes.

La civic-tech renouvelle les outils pour mobiliser les citoyens – Point d’aencrage

L’enjeu de la civic-tech est là : sur de nombreux sujets, les citoyens doivent réussir à imposer un rapport de force aux institutions sans attendre une hypothétique consultation pour avaliser des décisions déjà ficelées. Le succès de Meu Rio au Brésil en témoigne : soixante politiques publiques locales ont été modifiées sous l’influence de ce « lobby citoyen » qui inonde les messageries des élus pour faire entendre les voix des 250 000 inscrits sur la plateforme de mobilisation nossascidades.org. Grâce à l’ouverture de son code, qui rend donc l’outil facilement réplicable, le mouvement se répand dans des dizaines de villes d’Amérique du Sud.

Pourquoi 2016 est l’année de l’engagement citoyen et du local ? – Fluicity sur Medium

Comme on l’a vu ensemble juste avant, les possibilités ouvertes par les nouvelles technologies permettent aux citoyens de s’émanciper des moyens de participation plus traditionnels et officiels, et peuvent créer des liens, des moyens de communiquer leur avis plus facilement aux décideurs politiques. La teneur et les frontières de la notion de “démocratie électronique” sont donc repensées, et s’élargissent pour comprendre toute la multiplicité et la complexité des formes de prises de parole en ligne. Une prise de parole que la civictech souhaite guider et aider à se développer.

 


Ils font la Civic Tech

Programmes politiques : « peu importe la carrosserie, ce qui compte est sous le capot ! » – Voxe.org

16 février 2016 • By

Voxe par le biais de Sébastien Leroux, son « project leader », inaugure une nouvelle catégorie de ce blog : Ils font la Civic Tech. L’objet de cette rubrique est de vous faire découvrir les acteurs des Civic Tech, leur ambition et leur vision à travers une courte interview.

L'équipe de Voxe à la remise des prix du Google Impact Challenge en 2015

L’équipe de Voxe à la remise des prix du Google Impact Challenge en 2015

Quel constat vous a poussé à développer un service de comparateur de programmes politiques ?

Voxe c’est l’histoire de 4 amis qui sont partis d’un constat simple : aucun outil ne permettait alors d’avoir un accès rapide et neutre aux propositions concrètes des candidats aux élections, maintenant c’est chose faite !

Comment intégrez vous les programmes des différents candidats pour les comparer ? Peut-on comparer des programmes politiques comme on compare les caractéristiques techniques d’une voiture ?

Nous utilisons les programmes officiels des candidats et c’est uniquement sur cette base que les comparaisons sont effectuées. Grâce à notre plateforme, les propositions sont au coeur. Les citoyens peuvent comparer les propositions des candidats sur des thèmes précis car il est souvent difficile de dissocier la forme du fond. Pour reprendre votre comparaison, peu importe la carrosserie, ce qui compte c’est ce qu’il y a sous le capot !

Réalisez-vous un travail éditorial qui permet de faire les comparaisons : simplifiez-vous les programmes ? Apportez vous des données supplémentaires pour éclairer les propositions ?

Nous tenons absolument à garder notre neutralité donc nous effectuons simplement un copié-collé des programmes. Cependant, afin de donner aux citoyens toutes les armes, nous donnons des explications autour des propositions. Ces explications factuelles permettent de mieux comprendre le contexte autour des propositions.

Quelles sont les prochaines améliorations qui seront apportées à Voxe ? Quelle est votre ambition à l’horizon 2017, et après ?

Bientôt le site de Voxe sera refait à neuf, notre but est de faciliter au maximum « l’onboarding citoyen » qui reste malheureusement trop compliqué. Nous savons que nous serrons attendus au tournant en 2017 alors nous allons agrandir l’équipe ! De plus, nous développons également une application qui a pour but d’augmenter l’impact citoyen au quotidien !

Estimez-vous faire partie d’un mouvement, d’une communauté Civic Tech ? Quelles sont, selon vous, les perspectives de ce secteur en France et à l’international ?

Les gens deviennent fans de produits qui collent à leurs besoins et à leur univers esthétique. Les gens peuvent devenir fan de leurs institutions pour les mêmes raisons. (3)

Nous sommes très optimistes sur la montée en puissance de la communauté Civic Tech en France comme à l’international. L’émergence de nombreux acteurs et de nombreuses initiatives nous démontrent chaque jour un petit peu plus la nécessité de refondre la relation entre les gouvernés et les gouvernants.

 

Retrouvez la fiche de Voxe dans la Civic-Thèque

 

A venir pour Voxe

  • De nouveaux types d’évènements politiques avec par exemple « Politiques anonymes » (des politiques anonymisés qui débattent du fond avec des citoyens) ou l’organisation de débats dans des lycées (autour des thèmes de la citoyenneté et la politique en 2016) …
  • Une expansion à l’international qui se poursuit avec la couverture d’élections aux Etats-Unis, au Bénin, au Pérou et en Equateur.

 


Liens de la semaine

Les liens de la semaine #5

14 février 2016 • By

Chaque dimanche, retrouvez les liens Civic Tech de la semaine.

Liens Civic Tech de la semaine #5

L’administration change avec le numérique – modernisation.gouv.fr

A l’instar du mouvement Civic Tech aux Etats-Unis émerge en France un écosystème de startups et d’associations animées par des objectifs sociaux. On peut citer des acteurs historiques, comme Regards citoyens ou Open Knowledge France, mais aussi MakeSense, une communauté au service des entrepreneurs sociaux, Voxe.org, un outil de comparaison de programmes électoraux, ou encore le projet Bénévole at home, lauréat du concours Dataconnexions 6. Ce service de cartographie permet de géolocaliser des « anges-gardiens », citoyens solidaires qui proposent leur aide près de chez eux, et les met en relation avec des personnes dans le besoin.

Un trou noir a absorbé le gouvernement – Antoine Brachet sur le Huffington Post

Curieux de tout, comme beaucoup d’autres citoyens, il est rare qu’un événement important se produise sans que je n’en sois alerté, en quasi temps réel, par le truchement de ceux à qui j’ai accordé ma confiance sur Twitter ou Facebook, et dont je peux donc suivre le fil d’actualité.

Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre avec plusieurs heures de retard qu’un remaniement ministériel a eu lieu récemment.
Un remaniement, du point de vue politique, est généralement considéré comme une arme de communication puissante auprès des citoyens.
Les choix de personnel politique réalisés à cette occasion permettent la mise en perspective de la vision du gouvernement pour les mois à venir.

Etat d’urgence : demandez à votre député pourquoi il n’a pas voté lundi – Liberation

Problème de calendrier, à la maison avec leur enfant malade, retenus à la buvette… Où étaient les 433 absents (qui pourront se rattraper, mercredi soir, lors du vote solennel sur l’ensemble du texte) ? Puisque nous les avons listés ci-dessous, n’hésitez pas à leur demander directement via Twitter.

Gouvernance, le talon d’Achille de la blockchain – Octo

Le sujet de la Blockchain est hype. Pas un jour où l’on n’entende parler de la Blockchain comme la nouvelle révolution numérique, l’avenir du Web ou l’Uberisation d’Uber. Derrière le buzz se cache l’idéal d’une société à la gouvernance complètement distribuée. En se basant massivement sur la technologie, la Blockchain donnerait le pouvoir et le contrôle au peuple au lieu de le concentrer dans les mains des grands acteurs, états ou multinationales. Mais une gouvernance distribuée est-elle vraiment souhaitable ? Et d’ailleurs, fonctionnerait-elle vraiment ? La dernière crise du Bitcoin semble montrer l’inverse.


Réflexions

Les médias PutaClic créent une place pour les médias Civic Tech

14 février 2016 • By

Doit-on opposer les médias « PutaClic » (qui cherchent les coups médiatiques pour générer de l’audience et vendre de la publicité) aux médias Civic Tech (qui souhaitent informer les citoyens et leur donner les clefs permettant de se forger un avis) ? 

Putaclic VS CivicTech

Cette question s’est à nouveau posée cette semaine au sujet de l’adoption de l’article 1 de la révision constitutionnelle sur l’état d’urgence.

Des médias « classiques » qui ont besoin de faire de l’audience avec des sujets #PutaClic ?

Au lendemain de l’adoption de l’article 1 de la révision constitutionnelle sur l’état d’urgence, le Petit Journal fait un sujet dénonçant (façon divertissement, sans la moindre explication sur le fonctionnement du travail législatif) une mesure adoptée en l’absence de 438 députés (sur 577). Le sujet n’informe pas le public, renforce la défiance envers les députés mais fait le buzz, et c’était le but.

 

Françaises, Français, en vert les circonscriptions représentées hier à l’Assemblée nationale lors du vote. 438 députés absents sur 577. Voilà.➡ http://bit.ly/1V1B7iu

Posté par Le Petit Journal sur mardi 9 février 2016

 

Le même jour, Libération se fait plaisir et publie : Absentéisme – Etat d’urgence : demandez à votre député pourquoi il n’a pas voté lundi. L’idée ? Inciter les français à interpeller leurs élus sur Twitter pour leur demander où ils étaient lundi… Mais surtout en générant du trafic vers le site de Libération et vers son compte Twitter. De la bonne grosse ficelle bien #PutaClic.

 

 

Et en face, de « nouveaux médias » Civic Tech ?

Le même jour, Jean Massiet met en ligne son podcast La Vie Publique. Au menu : Absentéisme, nos députés sont-ils VRAIMENT des branleurs ?

 

Cette vidéo fait le boulot d’explication du travail législatif et de la vie de l’assemblée (que d’autres médias ne font pas car l’information publique passe après la course au clic ?). On comprend très clairement pourquoi il y a tant de députés absents le lundi. Pour autant, le podcasteur n’est pas là pour défendre les élus et avance que la crise de confiance envers les députés (mais pas que) est en fait liée au cumul des mandats et que ces derniers doivent y renoncer.

Les médias peuvent-ils faire partie de la Civic Tech ?

Parmi les définitions de la Civic Tech, on retrouve par exemple celle du journaliste Alex Howard : « tout outil ou processus que les individus ou les groupes peuvent utiliser pour influer sur la scène publique ». 

Les médias comme La Vie Publique à l’instar du journal de débat Le Drenche (qui sonde l’avis des internautes sur un sujet avant et après avoir diffusé des éléments d’informations factuels et non partisans) ont à mon sens toute leur place dans ce nouvel écosystème Civic Tech.

L’information qui permet d’éclairer les décisions des citoyens est tout aussi importante que les plateformes qui permettent de faire remonter son opinion ou de co-créer les politiques publiques.

 

Retrouvez toute l’actualité des technologies civiques sur Facebook, Linkedin, Twitter ou par mail.


Vu sur le web

Les 11 clefs pour réussir dans les Civic Tech

8 février 2016 • By

Ceci est une traduction d’un post de Ben Berkowitz, CEO de SeeClickFix, publié sur Medium : The 11 Product Decisions That Helped SeeClickFix and Its Government Partners Succeed.

11 clefs pour réussir un projet Civic Tech

On m’interroge fréquemment sur les éléments clefs qui ont fait de SeeClickFix une plateforme qui a réussi à engager des citoyens et des représentants institutionnels, là où d’autres ont échoué.

Ces onze principes clefs ont mené à un service qui  s’est développé rapidement et a résolu de manière constructive des problèmes tout en donnant une bonne image des responsables publics. Nous croyons que ces principes peuvent être appliqués à d’autres initiatives Civic Tech et mis au profit d’une gouvernance représentative.

Ce qui suit est une liste de points clefs qui a été utilisée avec SeeClickFix au cours des 8 dernières années. Cette liste ne vise pas l’exhaustivité, elle évolue à mesure que nous apprenons.

1 – La transparence

SeeClickFix a été lancé parce que nous pensions que gérer la relation au citoyen (…) avec des appels téléphoniques ou des emails paralysait la participation, que ce mode de communication est opaque et renforce la méfiance envers l’administration.

Les échanges entre les citoyens et les pouvoirs publics devraient être visibles de tous. Rendre ces échanges publics est très différent de ce qui est fait avec l’open data, puisque ces données sont mises en ligne uniquement après un contrôle de l’administration.
La transparence en temps réel maximise la performance globale pour l’administration en lui évitant d’apporter des réponses identiques à répétition et d’effectuer un travail inutile. Les boucles de rétroaction ont donc un impact plus fort lorsqu’elles sont rendues publiques.

2 – Des boucles de rétroaction à chaque étape

Lorsque vous signalez un problème sur SeeClickFix, vous recevez immédiatement un email vous indiquant que votre signalement a été créé. Dans cet email, vous êtes informés sur le destinataire de cette information ainsi que le nombre de personnes ayant signalé un problème similaire.
Lorsque vous vérifiez votre ticket, vous pouvez voir combien de fois votre signalement a été vu, toutes les réponses apportées et le nombre de personnes qui suivent ce sujet. Quand le statut change sur la question (Ouvert>Pris en compte>Fermé) ou qu’un commentaire est ajouté, vous recevez une mise à jour. Avec des boucles de rétroaction, rien ne se perd : chacun peut constater la réactivité des pouvoirs publics et le bouche à oreille se propage en encourageant à communiquer de manière constructive.
Twitter, Medium, Facebook et tous les autres services en ligne/réseaux sociaux à succès valorisent les contenus les plus visibles (likes, follows, reads, shares) pour générer plus d’engagement. Les outils de gestion de la relation administration/citoyen ne peuvent fonctionner différemment et doivent créer des boucles de rétroaction à chaque étape.

3- L’expérience du citoyen doit rivaliser avec l’expérience utilisateur des meilleures applications

Les gens deviennent fans de produits qui collent à leurs besoins et à leur univers esthétique. Les gens peuvent devenir fan de leurs institutions pour les mêmes raisons. (2)

Il n’y a aucune raison pour que l’engagement numérique avec votre institution ne soit pas à l’image du lien que vous avez créé en ligne avec vos amis et votre famille. L’expérience doit être bien conçue, ce qui signifie que votre service écoute et répond aux besoins du marché. L’expérience doit également être belle. La relation numérique entre le citoyen et les institutions ne devrait pas donner l’impression d’une sous-relation digitale de la fin des années 1990.

Les gens deviennent fans de produits qui collent à leurs besoins et peuvent devenir fans de leurs institutions pour les mêmes raisons.

4- L’expérience pour les institutions doit être aussi bonne que celle des citoyens

Si vous faites partie de l’administration locale et que vous souhaitez générer de l’engagement de la part des citoyens, vous devez le faire de façon à ce que cela bénéficie également au reste de l’administration. Valoriser ceux qui participent aux échanges et à la résolution des problèmes peut se faire de différentes manières. SeeClickFix propose un bouton « merci » pour que les utilisateurs puissent remercier ceux qui ont réglé leur problème. Plus le volume de partage augmente et plus le service doit être simple et pratique. Un mobilisation citoyenne plus importante n’est pas forcément synonyme de plus de travail.

5- Les citoyens et les institutionnels sont des utilisateurs d’un écosystème numérique qui ne se limite pas à celui d’une administration 

Les citoyens et les fonctionnaires vivent et travaillent dans plusieurs collectivités qui sont régies par plusieurs organismes publics. Un service gérant la relation au citoyen doit donner aux autorités publiques et aux citoyens des occasions d’échanger au-delà des frontières physiques. Les utilisateurs de SeeClickFix peuvent signaler un problème dans leur arrondissement, leur ville, une ville voisine et même de petites entités dans les villes comme les universités et les organismes de logement. Etonnement, beaucoup de solutions ne proposent aujourd’hui qu’un traitement à l’échelle régionale.

6- L’anonymat

Partout où la conversation civique est possible, les citoyens et les employés publics devraient avoir la possibilité d’échanger de façon anonyme. Des études ont montré que les communautés « désengagées » sont plus susceptibles de participer si elles peuvent le faire de manière anonyme. Mettez en place les conditions qui favorisent une communication respectueuse et vous n’aurez plus à vous préoccuper des trolls. SeeClickFix est l’une des plus grandes plateformes numériques à faire participer des responsables institutionnels, et pourtant les trolls représentent une part infime de la participation, isolée et facile à contrôler. L’anonymat est un bébé rapidement jeté avec l’eau du bain sur le web. C’est un must pour la civic tech.

7- Les utilisateurs doivent être mis sur ​​un pied d’égalité

S’il y a une réelle volonté d’intégrer les citoyens dans les processus de décisions, ils doivent avoir leur mot à dire. Cela signifie que vous devez proposer une API afin que d’autres outils puissent se connecter à votre service. Il est également important que les citoyens soient mis sur un pied d’égalité avec l’administration. Si une demande n’est pas résolue, le citoyen doit avoir la possibilité de reposer son problème comme l’institution doit pouvoir fermer cette demande. C’est comme ça que la confiance se construit de part et d’autre.

8- Les fonctionnalités de votre service doivent permettre aux citoyens d’être plus utiles que ce qui était possible auparavant

Avec SeeClickFix, nous avons permis à quiconque de recevoir des alertes, prendre ses initiatives et aider, même quand les utilisateurs ne sont pas responsables ou en cause.
C’est comme ça que des utilisateurs ont aidé leurs voisins pendant des tempêtes de neige, nettoyé des parcs, contribué à diffuser de l’information et offrir des suggestions pour améliorer la circulation et la qualité de vie en général.
Si votre stratégie d’engagement fonctionne bien, les citoyens auront le sentiment qu’ils sont utiles et les agents de la fonction publique auront le sentiment qu’ils sont aidés.

9- Être exportable

Une mairie obtient de meilleurs résultats et un plus fort engagement lorsque ses réunions ont lieu à l’extérieur de l’hôtel de ville. Votre projet civic tech devrait adopter la même approche. SeeClickFix a réalisé une croissance rapide grâce à un widget qui peut être intégré sur les sites d’info locales, les blogs ou encore les sites municipaux.

10- Procéder par itération

Chez SeeClickFix, nous profitons constamment de notre capacité à pousser en continu nos mises à jour auprès de nos partenaires officiels et nos utilisateurs citoyens. Nous avons construit des applications mobiles dynamiques où les demandes de service et autres personnalisations locales peuvent être mises à jour sans avoir à tout soumettre de nouveau aux appstores. Le temps des logiciels  installés sur site est révolu. Le service de votre institution, comme les institutions elles mêmes, ont la capacité de répondre de manière récurrente aux besoins de la communauté.

11- Protection des données

Une ville nous a demandé hier de détruire les données publiées il y 3 ans sur SeeClickFix. Nous ne le ferons pas . Le procureur de la ville estime que les données créent plus de tort pour la ville que de valeur au fil du temps. Bien que nous comprenions l’objectif (de l’avocat de la ville), nous sommes en désaccord.
Nous croyons que l’historique des échanges a de la valeur pour les villes et les citoyens qui y résident. Les villes doivent être en mesure d’apprendre de leur passé. Nous allons continuer à travailler dans ce sens même si cela signifie que nous allons perdre un partenaire potentiel.

 

N’étant pas traducteur, veuillez m’excuser si certaines traductions de phrases manquent de précision, certaines tournures pas ne sont pas idéales ou si certains courts passages ont été supprimés pour une meilleure compréhension.

 

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