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Civic Tech : c’est quoi ?

Civic Tech : c'est quoi ?, Ils font la Civic Tech

Crise sanitaire : les CivicTech en 2021 selon Make.org

3 février 2021 • By

Info importante 😉
Cette interview Civic Tech a été réalisée pendant le dernier confinement (j’ai manqué un peu de temps ces derniers… temps).

2021 : dépôt de bilan pour les CivicTech ?
2021 : dépôt de bilan pour les CivicTech ?

1 – Bonjour Axel (Dauchez), il y a un moment que je n’avais pas pris de tes nouvelles et de celles de Make.org. J’ai vu que vous aviez sorti plein de super projets : peux-tu nous en dire plus sur le Make 2020, comment vous en êtes arrivés là et ce que vous avez dans les cartons pour l’avenir ?

Malgré la situation sanitaire et la crise, l’année 2020 a été très riche en initiatives pour Make.org, avec toujours cette volonté de faire notre part au service de l’intérêt général.  Nous avons lancé la Grande Cause pour la Protection de l’Enfance en septembre dernier au Ministère de la Santé et des Solidarités. Cette grande mobilisation pour protéger les enfants contre toutes les violences a recueilli plus de 4 300 propositions, ce qui montre que les citoyens ont envie de s’exprimer sur ce sujet crucial pour notre société. Nous avons également réalisé une consultation importante sur la mode responsable. Ce fut un franc succès avec 107 000 participants mobilisés pour encourager les professionnels et consommateurs à rendre cette industrie plus durable.  En cette année si particulière, nous avons également réalisé, avec la Croix Rouge française, WWF France, Groupe SOS, Mouvement UP et Unis-Cité, la plus grande consultation sur “Le Monde d’après”. Plus de 165 000 citoyens se sont exprimés et ont émis le nombre record de 20 000 propositions pour construire ensemble la société de demain, plus résiliante et solidaire.

Grande cause Make.org : Améliorer les conditions de vie dans notre territoire.

Les ambitions pour l’avenir sont nombreuses. Nous allons lancer notre prochaine Grande Cause sur le thème des territoires au début de l’année prochaine, en amont des élections régionales.

2 – J’aimerais avoir ton avis : penses-tu que la Civic Tech a pris en France ? L’écosystème des technologies civiques aujourd’hui est-il au niveau de l’espoir que nous portions tous dans ces nouveaux outils démocratiques ? Peux-tu me citer des réussites ? Des échecs ?

La Civic Tech est indéniablement en plein foisonnement aujourd’hui en France. Les mobilisations citoyennes, dans leur diversité, passent désormais quasi systématiquement par des usages numériques. Il y a un double mouvement : d’un côté la prise de conscience, à tous les niveaux de la décision politique, de la nécessité de consulter les citoyens et de l’autre, l’envie grandissante des citoyens de participer activement à la vie démocratique. Les Civic Tech permettent cette dynamique, cette réintermédiation sans laquelle il est aujourd’hui quasi impossible de recréer du lien à un niveau important. C’est en cela qu’elles sont au cœur du renouvellement démocratique.

Logo Make.org

Parmi les réussites de Make.org qui attestent de l’importance du poids des Civic Tech, je pense particulièrement à la consultation WeEuropeans que nous avons menée en 2019. C’était un véritable défi car il s’agissait de la plus grande initiative civique jamais menée en Europe. Elle a permis de toucher plus de 38 millions de personnes sur tout le continent. Un Agenda citoyen a été créé sur la base des propositions qui ont été faites par les citoyens, qui a servi de support aux engagements d’action pris par 200 partis politiques de tous les pays de l’Union européenne, ainsi que de grandes organisations de la société civile européennes.

Actuellement, les institutions européennes prévoient de lancer une grande Conférence sur l’avenir de l’Europe. Selon moi, c’est une initiative cruciale pour la démocratie en Europe, peut-être la dernière chance de répondre à la promesse d’une “Europe proche des Européens”. Les enjeux de cette Conférence sont donc immenses et je plaide pour qu’elle s’appuie sur des outils innovants, accessibles et inclusifs, qui permettront à des millions d’Européens d’y participer et pas seulement quelques milliers de personnes déjà très engagées sur le sujet. Je souhaite sincèrement la réussite de ce projet, car son échec pourrait créer une situation irrémédiable avec une sévère crise de confiance au niveau européen et une déconnexion des institutions.   

3 – Quel rôle les Civic Tech peuvent-elles ou doivent-elles jouer dans une période de confinement ?

Je crois que les Civic Tech jouent déjà un rôle crucial en période de confinement : celui de ne pas laisser place à l’inaction démocratique et civique. Elles peuvent et doivent maintenir le lien entre les citoyens et les décideurs, mais aussi avec l’ensemble de la société civile afin de permettre aux uns et aux autres de s’investir malgré la distanciation sociale. Les confinements sont des moments charnières d’un point de vue politique et de société, ils offrent la possibilité de penser à des solutions pérennes pour l’avenir. C’était exactement le sens de la démarche que nous avons menée pour “Le Monde d’après” : imaginer ensemble les soubassements d’une société résiliante, durable, et épanouissante pour tous.

Axel Dauchez

4 – Crois-tu qu’il y aura à nouveau une explosion du « phénomène » Civic Tech en 2021 dans le cadre des élections départementales ou régionales ? Pour la présidentielle en 2022 ? Sens-tu un nouvel appétit pour ces technologies citoyennes de la part du monde politique ?

Je pense que l’essor des Civic Tech est bien plus qu’un phénomène, il traduit l’émergence d’un nouveau système de pensée et de fonctionnement de la démocratie participative. Ce n’est plus un gadget qu’on met au fond d’un programme ou d’un site. Le recours aux Civic Tech et à la démocratie participative ne va, selon moi, cesser de croître ces prochaines années. On a d’ailleurs vu au cours des différentes élections précédentes que beaucoup de partis politiques ont eu recours au numérique. Il y a eu aussi le Grand Débat national, la Convention citoyenne pour le climat, qui s’est aussi appuyée sur des outils de la Civic Tech… Il y a fort à parier que cela va se répéter à l’avenir.

Toutefois, l’important reste que les Civic Tech soient au service de l’intérêt général citoyen avant tout. C’est un vecteur précieux de mobilisation de la société civile, en dehors de toute échéance électorale et c’est ce qui fait leur force.

Merci Axel


Civic Tech : c'est quoi ?, Contributions, Ils font la Civic Tech, Réflexions

Les Maires doivent se saisir de la CivicTech en ces temps nouveaux !

7 mai 2020 • By

La technologie au service du citoyen

S’engager dans la démocratie participative aujourd’hui repose sur la volonté de mettre en avant une nouvelle forme de communication, la capacité à s’approprier les nouvelles technologies, et l’ambition de trouver le meilleur outil pour répondre aux besoins de la population.

Il en va de la responsabilité des maires de contribuer au bien vivre-ensemble au sein de leur commune et de renforcer des liens unissant les élus et leurs administrés. Cela suppose d’axer la communication municipale sur l’échange, le partage, et la prise de décision collective.

Aujourd’hui, à l’ère du digital et des réseaux sociaux, des solutions existent et permettent de faire de la communication l’axe central de la progression collective.

La nécessité pour les mairies de se doter d’une plateforme collaborative se fait d’autant plus ressentir lorsqu’une multitude d’outils est disponible sur le marché de l’application mobile, et que la volonté de s’engager dans la vie communale concerne un nombre croissant de citoyens.

Pour le maire, le choix de la solution de démocratie participative adaptée aux besoins de sa commune, suffisamment pertinente et simple à mettre en œuvre, sera alors la première étape de cette transition vers une participation directe et une mobilisation collective.

Définir les fonctionnalités civic-tech à mettre en place pour sa commune

Parmi les différentes fonctionnalités déployables pour une meilleure communication à l’échelle locale et la mise en place d’une démocratie participative au sein de la commune, il est important d’adapter l’outil choisi à ses besoins, et de définir les priorités.

Une présentation complète de la commune sera toujours utile, et permettra non seulement de partager les secrets historiques, mais aussi de lister les services de la mairie, présenter l’équipe municipale, et partager les liens utiles. Un album photo permettra de mettre la commune à l’honneur, et un agenda rappellera à tous les habitants les événements à ne pas louper.

Le partage de médias (photos, vidéos, pdf) et d’informations peut se faire via un système de publications d’actualités, permettant aux habitants d’être informés en temps réel de tout ce qu’il se passe dans leur commune.

Les systèmes d’alertes font souvent partie des fonctionnalités phares et parmi les plus utiles : avertir par notification push, email ou SMS les habitants des dangers imminents est primordial et sera très apprécié.

L’usage d’une messagerie directe permettra de gagner du temps et d’éviter des rendez-vous inutiles ou des appels en mairie.

Enfin, parmi les modules de démocratie participative, nous pouvons trouver les sondages anonymes (pour prendre en compte l’opinion majoritaire citoyenne), les signalements urbains (pour faire remonter les anomalies rencontrées dans la commune), les suggestions citoyennes (la boîte à idées de la commune), ou encore les groupes de discussion (un débat public accessible n’importe où et n’importe quand).

Pouvoir choisir les fonctionnalités utiles et paramétrer son application citoyenne pour qu’elle corresponde exactement à ses besoins est un atout indéniable, le système de module à la carte sera alors parmi les plus performants.

Promouvoir la nouvelle application communale auprès des habitants

Une fois le nouvel outil de communication pris en main, l’étape suivante est de le faire connaître : il s’agira alors d’informer les habitants de la commune de son existence et les attirer sur la plateforme.

Une fois la cible définie et les objectifs identifiés, plusieurs solutions peuvent être envisagées pour promouvoir la nouvelle application communale auprès des citoyens, les leviers de communication sont multiples et seront renforcés par vos moyens de communication habituels.

Mixer les canaux traditionnels et numériques apportera généralement de bons résultats, vous pouvez donc vous servir du bulletin municipal, des réseaux sociaux, d’une réunion publique, d’une newsletter existante, d’un courrier postal, du site web de la commune, d’un panneau lumineux ou de n’importe quel affichage public.

Tous les moyens seront bons pour faire connaître la nouvelle à tous les habitants au début, le bouche-à-oreille fera le reste et prendra rapidement le relais… à condition que l’outil soit pertinent !

Pour aller plus loin, l’application MairesetCitoyens propose sur son blog des réflexions autour de la démocratie participative et prodigue de nombreux conseils sur ce sujet.


Civic Tech : c'est quoi ?

C’est quoi la Civic Tech ?

16 janvier 2016 • By

Après les taxis, les libraires, les hôtels, … la classe politique risque bien d’être la prochaine à se faire ubériser. Plateforme web pour des primaires citoyennes, comparateurs en ligne de programmes politiques, outils de gestion de la relation au citoyen, applications pour évaluer et contribuer aux politiques publiques, organisations de hackatons pour « hacker » la démocratie, …

Les initiatives privées comme publiques se multiplient en France et à l’étranger pour montrer le chemin d’un nouveau rapport entre gouvernants et gouvernés. Au menu : aller d’une société de la représentation vers celle de la participation.

Civic Tech : une définition ?

Le concept de « Civic Tech » est encore un peu confus, les différents acteurs de ce secteur ne sont pas encore tombés d’accord sur une définition commune. Ci-après, quelques définitions :

« Alors que le logiciel est en train de dévorer le monde, comme le proclame l’investisseur libéral Marc Andreessen, les relations citoyennes dans l’espace public entre les gens, les communautés, les villes, les gouvernements et les Etats, semblent résister aux avancées logicielles. Les Civic Tech sont un mouvement qui visent à revitaliser et transformer nos institutions sociales, explique-t-il, mais les définitions en proposent des interprétations assez différentes les unes des autres. »

Lawrence Grodeska – fondateur de Civic Makers – sur Medium

Pour Techcrunch, les Civic Tech sont des technologies visant à permettre aux citoyens ou à les aider à « rendre le gouvernement plus accessible, efficient et efficace ».

Pour la Knight Foundation qui consacrait en 2013 un rapport sur l’émergence de la Civic Tech, le secteur doit être « à la croisée de la technologie, l’innovation, d’un gouvernement ouvert et de l’engagement du citoyen »

Pour le journaliste Alex Howard, les Civic Tech comptent « tout outil ou processus que les individus ou les groupes peuvent utiliser pour influer sur la scène publique ».

Pour Micah Sifry, de Personal Democracy et de Civic Hall, ces technologies « ne peuvent pas être neutres » et seules celles qui peuvent être « utilisées dans l’intérêt général et qui améliorent les conditions de vie du plus grand nombre, et pas seulement de quelques-uns, » peuvent entrer dans cette catégorie.

Source : Knight Foundation report “The Emergence of Civic Tech” - 2013

Source : Knight Foundation report “The Emergence of Civic Tech” – 2013

Civic Tech : les enjeux ?

Alors qu’aujourd’hui les décisions sont – essentiellement – prises par des partis politiques qui ne cessent de perdre de la crédibilité et qui ne représentent que 0,58% de la population française…. Les enjeux de la « technologie civique » pourraient être :

  • élargir « massivement » le nombre de participants à la décision publique ;
  • éclairer l’avis des citoyens : ouverture des données publiques, transparence, donner les moyens de comprendre le présent et d’appréhender l’avenir… ;
  • co-construire des politiques publiques plus efficaces, les améliorer en continu ;
  • accélérer le processus démocratique avec la technologie : et si la lenteur administrative n’était pas due aux fonctionnaires mais à une organisation et des moyens non adaptés ?

Civic Tech : un business ?

Les institutions ont besoin de se doter de solutions pour gérer leur relation au citoyen, devenir plus agiles, rapides et transparentes. La défiance envers les pouvoirs publics n’a jamais été aussi forte.

Dans Forbes (Why civic tech is the next big thing), Mike Montgomery écrit que les dépenses en technologies « civiques » représentent 24% de celles réalisées en technologies de l’information. Il précise que les investissements en Civic Tech progressent 14 fois plus vite que les autres :

« Local and state government will spent an estimated $25.5 billion on information technology this year. Civic tech makes up just 24% of that, according to IDC. But spending on civic tech is growing 14 times faster than spending on traditional technology. »

Dans le même article, on apprend que ce n’est que le début et que les Civic Tech ont un fort potentiel de développement :

« Insiders say there is still a ton of potential in the civic tech market. Srinivasan says he expects the role of technology in government to soar »

 

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