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#Inventons2017 : « Les civic tech doivent s’associer aux Écoles pour réinventer la démocratie »

6 mars 2017 • By

Diffuser l’usage des civic tech

Nous sommes convaincus que le potentiel des civic tech réside moins dans la technicité des outils que dans les usages qui en sont faits. Si nous voulons qu’elles soient au service des citoyens, et notamment des jeunes, il faut mettre en place les conditions pour qu’eux-mêmes s’en emparent. En évitant toute approche top-down, il s’agit de familiariser les moins de 30 ans à ces outils et de les encourager à s’auto-organiser. Le cadre scolaire constitue le lieu idéal pour penser cet apprentissage.

#Inventons2017

Former les étudiants aux outils collaboratifs

Les étudiants devraient avoir l’occasion de s’approprier les outils et les méthodes de la civic tech pour en faire un usage aussi naturel que les moteurs de recherche ou les encyclopédies collaboratives. Au travers d’expériences de formation dédiées à la maîtrise de ces outils, les étudiants apprendront à :

  • Collaborer non seulement avec leurs pairs, mais également avec des citoyens hors les murs. Nous pensons que tout citoyen doit savoir mobiliser les intelligences au-delà de ses cercles sociaux habituels.
  • Confronter de manière critique les savoirs acquis dans leur scolarité. Le dialogue avec autrui est un réflexe indispensable pour penser hors des cadres établis et proposer des solutions innovantes.
  • Se constituer en collectif autonome et citoyen afin non seulement de concevoir des idées mais de les faire valoir face aux élus. Le lobbying citoyen est une condition essentielle du renouveau de la vie démocratique.

 

Convaincre l’institution scolaire

Voilà pourquoi il faut convaincre les établissements scolaires, du primaire au supérieur, de développer des méthodes d’enseignement alternatives autour de ces outils. À nous, promoteurs de ces technologies citoyennes, d’aller porter le message à ces institutions et de les soutenir dans leur effort d’innovation.

 

Le programme #Inventons2017

Travailler collaborativement à l’élaboration de projets de réformes politiques innovants

Make.org, Sciences Po, Les Echos Start, LCI, Bluenove et Facebook se sont associés pour créer un laboratoire démocratique au cœur d’un établissement d’enseignement supérieur et de recherche. Ce partenariat constitue à lui seul un parcours optionnel du master Ecole Affaires Publiques et ayant valeur de stage. L’objectif du programme #Inventons2017 est d’apprendre aux étudiants à penser l’inclusion des citoyens dans la conception des politiques publiques. Les étudiants sont chargés d’organiser une consultation citoyenne des jeunes de moins de 30 ans et de concevoir avec eux 5 projets de réforme qui seront débattus par les candidats à la Présidentielle de 2017 le 25 mars prochain.

Déroulement de l’initiative #Inventons2017

Entre novembre et décembre, les étudiants accompagnés par Make.org et ses partenaires ont recueilli plus de 4000 propositions de jeunes de moins de 30 ans, soutenues par plus de 360 000 votants, sur 5 grands thèmes de politique publique. Une fois la consultation achevée, 30 étudiants de l’École Affaires Publiques de Sciences Po se sont portés volontaires pour les transformer en projets de réforme concrets en collaboration avec les citoyens participants et des experts.

Cinq propositions plébiscitées par les jeunes de moins de 30 ans ont été retenues :

  • Créer une institution citoyenne de contrôle et de participation de la vie politique
  • Introduire un revenu minimum universel
  • Établir un service citoyen obligatoire
  • Repenser l’orientation professionnelle à l’école
  • Lutter contre l’obsolescence programmée

En ce moment même, des centaines de jeunes participants collaborent activement avec les étudiants sur la plateforme Assembl afin de transformer ces propositions en véritables projets de réforme. Une fois constitués, ces programmes d’action politique feront l’objet d’un débat entre les étudiants et les candidats à la Présidentielle lors d’un événement retransmis en direct sur LCI le 25 mars prochain.

 

Signataires de la tribune : Axel DAUCHEZ, Alicia COMBAZ, Nicolas VIGNOLLES, Samuel BERNARD, Amina-Mathilde N’DIAYE, Bénédicte PONS, Laetitia BLANCHE, Jean RABALLAND, Amine ZAGHDOUDI, Clémence LOPEZ, Esther VALENČIČ, Colin SALMON-LEGAGNEUR, Arjun CHATTERJEE, Sylvain ARRAMBOURG, Vincent BARET, Charley PESTOURY

 

À propos de Make.org

Make.org est une plateforme de lobbying citoyen. Elle donne à chacun le moyen d’émettre et partager des solutions afin de répondre aux enjeux de politique locale, nationale et européenne. Make.org accompagne les citoyens dans des actions de lobbying ciblées afin de pousser les élus à prendre position et à concrétiser les solutions qui leur sont présentées.

 

 


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Les français veulent plus de démocratie participative !

1 juin 2016 • By

Après un #mardigital de haut niveau organisé par Axelle Lemaire et Claude Bartolone, la CivicTech était encore une fois à l’honneur hier à Paris avec un événement organisé par la banque en ligne monabanq. Une soirée placée sous le signe de l’échange et du partage autour de la nouvelle société collaborative naissante et de la démocratie participative.

Les intervenants passionnés et dynamiques ont échangé sur leurs parcours et leurs visions du monde de demain au cours de 2 tables rondes. Une première centrée sur les CivicTech et une seconde un peu plus large sur la quête de sens des citoyens dans leur quotidien, leur travail et leurs engagements politiques.

Les français et la société collaborative

Pour démarrer la soirée une première étude sur la société collaborative a été présentée par Edmond Prin, directeur d’études chez TNS Sofres. Comme le soulignera un peu plus tard Antonin Leonard (OuiShare) c’est la première fois que l’on parle de société collaborative plutôt que simplement d’économie ou de consommation collaborative. Une terminologie qui change la donne et élargie le débat en étudiant le collaboratif dans son ensemble.

En ce qui concerne la partie démocratie participative qui nous intéresse plus particulièrement ici il y a quelques chiffres marquants qui ont retenu notre attention. Comme le décalage entre la pratique de ce type d’actions et le ressenti des français sur le manque d’attention des médias sur le sujet. Si vous voulez retrouver l’infographie en intégralité, c’est par ici.

 

Un panel CivicTech passionné et passionnant

On ne parlait en fait pas vraiment de CivicTech et d’outils ou de plateformes hier soir sur la Seine au pied de la Tour Eiffel. Ce sont bien les gens, porteurs de projets, citoyens et élus, qui étaient au centre des échanges. On retiendra le parcours initiatique d’Armel LeCoz et son tour de France des élus pendant les dernières municipales pour aller dormir chez les maires et comprendre les campagnes locales au plus près du terrain. Une expérience en forme de déclencheur pour l’engagement d’Armel dans Démocratie Ouverte et les plateformes connexes.

Puis ce fut le tour de Valentin Chaput de DemocracyOS de nous présenter son parcours et l’essence de son engagement avec l’open source et la technologie ouverte au service de la démocratie. L’histoire de DemocracyOS et son code ouvert venant d’Argentine, son équipe française qui contribue à optimiser le code et le met à disposition au monde entier. Une belle histoire de l’open source et du libre au service de la démocratie qui nous donne envie d’y croire et de foncer.

Baztille a ensuite présenté son concept, et la promesse est belle. Demain vous pourrez télécommander vos députés ! Le principe est assez simple, chaque jour une question est posée à la communauté des utilisateurs de Baztille et les citoyens donnent leur avis. En utilisant les quelques minutes ou quelques secondes à leur disposition chaque jour pour s’engager, à leur échelle, et sans contrainte de temps ou de lieu grâce au mobile. Une utopie pour certains, une réalité qui commence à grandir chez Baztille qui fonce sans se retourner pour tester, pour essayer.

Les outils c’est bien, mais ça ne suffit pas

Armel LeCoz l’a très bien rappelé pendant cette table ronde. Les plateformes ne sont que des outils au service d’une prise d’un changement de posture vis à vis de la politique.

De nouvelles méthodes doivent faciliter la reprise de pouvoir du citoyen, les CivicTech font partie de ces solutions mais il ne faut pas oublier de se connecter au terrain et aux aspirations de ces citoyens prêts à s’engager si on leur redonne confiance.

Car c’est bien par la communauté que viendra le succès de ces nouvelles formes de démocratie. On le sent déjà avec des mouvements tels que MaVoix, c’est aussi le cas chez Baztille ou DemocracyOS, les communautés commencent à grossir, et c’est bien par le passage à une nouvelle échelle en termes d’usages que ces CivicTech pourront réellement peser.

Dans cette table ronde comme dans la suivante avec des acteurs du changement comme OuiShare, Ticket For Change et Bluenove, l’optimisme est de mise : c’est par la France qu’arrivera la vague démocratique nouvelle qui permettra le changement de modèle tant attendu.

Hier soir on avait vraiment envie d’y croire.


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Démocratiser le lobbying citoyen par le volontariat de compétences

11 avril 2016 • By

Demain, tous (good) lobbyistes ? - Civic Tech CivicTech

Que se passerait-il si les organisations de la société civile avaient la même expertise et les mêmes talents à leur disposition que les entreprises ? Que se passerait-il si toutes les parties intéressées par le processus politique y accédaient et y étaient représentées de façon égale ? Que se passerait-il si les entreprises et les ONGs pouvaient – par moments – s’associer dans la poursuite de l’intérêt général ?

Aussi hypothétiques qu’ils puissent paraître, nous croyons que si ces scénarios devenaient réalité, nous nous en porterions tous mieux. C’est en tous les cas la conviction sous-jacente au lancement de The Good Lobby, une équipe de pointe composée d’individus inspirés et inspirant ainsi que d’organisations prêtes à partager leurs talents, leur expertise and leur énergie pour faire du lobby de façon active dans l’intérêt général.

Le manque de responsabilisation civique

Bien que cela semble banal, pour beaucoup les Etats et administrations nationales, et encore plus l’Union européenne apparaîssent comme étant insuffisamment inclusives, insuffisamment transparente et trop distante de ses citoyens. Alors que les politiques publiques affectent de plus en plus notre quotidien, nous restons distants et désengagés du processus décisionnel tant national qu’européen.

Les connaissances sur l’UE sont modestes : 63% des citoyens ont peu voire aucune connaissance de leurs droits issus du droit européen et l’engagement est limité (tel qu’en atteste le faible taux de participation aux élections européennes).

En attendant, on estime à environ 30,000 le nombre de lobbyistes corporatifs opérant à Bruxelles, dominant le processus décisionnel européen. Bien que les ONGs aient été de plus en plus intégrées au sein du processus décisionnel européen (il y a aux environs de 1,500 ONGs inscrites au Transparency Register), elles sont typiquement en manque de personnel et, en raison de leur orientation pan-européenne, ont des difficultés à se connecter aux citoyens. En bref, elles sont toutes mal équipées pour représenter effectivement les intérêts de plus de 500 millions de citoyens européens sur des problèmes tels que les droits des consommateurs, la justice climatique ou encore l’égalité des genres.

Par conséquent, un manque de responsabilisation civique apparait. Le pouvoir politique est de plus en plus distribué de façon inégale dans ce qu’on a appelé la bataille de David contre Goliath entre les intérêts privés et l’intérêt général.

La question clé est : les citoyens peuvent-ils faire quelque chose pour changer cette dynamique?

Du volontariat de compétences comme lobbying citoyen

En Europe, comme partout, il existe une idée fausse selon laquelle il n’existerait que deux options pour faire la différence dans nos communautés, à savoir voter aux élections ou y être candidat. Il existe en réalité une troisième voie, moins connue, pour avoir un impact : le lobbying. Grâce à la révolution de l’information, à la technologie et à l’émergence de la philosophie du ‘do-it yourself’, le lobbying n’est plus une prérogative exclusivement réservée à des groupes fortunés aux nombres de membres et aux soutiens politiques incalculables, mais est devenu une pratique à la portée de tous. A la différence de la démocratie représentative, le lobbying fonctionne. Demandez aux grosses sociétés et organisations de la société civile qui en font régulièrement ! Le lobbying citoyen pourrait impliquer aussi bien des actions individuelles, telles qu’écrire aux autorités ou poster une opinion provocante sur un blog en ligne, que des actions collaboratives, telles que lorsque des volontaires aux diverses compétences, des juristes, des académiques ou d’autres professionnels, aident une ONG travaillant dans l’intérêt général. Que vous travailliez pour une ONG ou dans le secteur privé, que vous soyez un(e) jeune étudiant(e) ou un(e) professionnel(le) expérimenté(e), nous pouvons TOUS jouer un rôle dans le lobbying pour la bonne cause (lobbying for good). Nous sommes convaincus que le « volontariat de compétences » est une forme de lobbying citoyen au potentiel majeur.

Que vous l’appeliez du volontariat pro-bono, de compétences, 2.0 ou encore du « partage de compétences », l’idée que des étudiants, des académiques et des professionnels (jeunes et âgés) puissent user de leurs compétences, sur base volontaire, pour améliorer leurs sociétés n’est pas nouvelle. Aujourd’hui, il devient apparent que non seulement les élites, mais tous les professionnels et individus éduqués, indépendamment de leur bagage socio-économique, peuvent et souvent veulent trouver des moyens d’user de leurs compétences pour aider leurs communautés (particulièrement la jeunesse européenne qui de plus en plus manquent d’un sentiment de pouvoir ou d’habilité à avoir un impact dans le monde). L’accomplissement d’études et l’accumulation de compétences ne sont plus des chasses gardées des plus privilégiés de notre société. Dans l’Union européenne d’aujourd’hui, dans la tranche d’âges allant de 30 à 34 ans, 30% des hommes et 40% des femmes ont un diplôme de l’enseignement supérieur. Dans certains Etats membres, ces chiffres dépassent les 50% voire parfois les 60%. Cela ne prend même pas encore en considération les personnes qui suivent un enseignement de qualification professionnelle (en d’autres termes, l’enseignement vocationnel et appliqué).

La majorité des gens en Europe possèdent aujourd’hui des compétences socialement et économiquement précieuses d’un type ou d’un autre.

Un mouvement global

Lobbying citoyenPartout dans le monde, des juristes, des créateurs graphiques, des spécialistes en communication, des comptables, des étudiants en administration des affaires tout comme des menuisiers, des plombiers, des commerçants et bien d’autres encore, consacrent une partie de leur temps à aider bénévolement des associations sans but lucratif à travailler pour des causes sociales importantes. Le volontariat peut se matérialiser sous de multiples formes comme par exemple la rédaction d’un business plan, celle d’un communiqué de presse ou la coordination d’une campagne sur les réseaux sociaux. La clé est d’orienter les compétences et les talents des individus vers des causes auxquelles ils croient.

Aux Etats-Unis, le mouvement de volontariat de compétences est en plein essor grâce à des organisations pionnières telles que la Taproot Foundation (rendant le talent entrepreneurial disponible aux organisations sans but lucratif travaillant à l’amélioration de la société), Pro Bono Net et Appleseed (permettant à des juristes d’à la fois offrir leurs compétences juridiques à des individus en besoin de conseils et de travailler sur des initiatives larges et systémiques de justice sociale), Datakind (engageant des experts en science des données sur des projets relatifs à des problèmes humanitaires sévères) et St. Bernard Project (recrutant des commerçants pour reconstruire les maisons de victimes de désastres). Nous avons même observé des entreprises désireuses d’orienter leurs départements des affaires publiques vers du « lobbying for good ».

En Europe, le mouvement est peut-être plus disparate mais il prend de l’ampleur rapidement. Dans le domaine juridique, PILnet a été pionnier, mettant en lien des juristes des quatre coins du continent avec des organisations sans but lucratif en besoin de soutien juridique. Des organisations nationales fournissant un service similaire ont émergé telles que aadh en France ou encore Centrum Pro Bono en Pologne. Au-delà du droit, des organisations visant à permettre de toutes les manières possibles des professionnels des affaires et des académiques à faire du volontariat sur base de leurs compétences apparaissent en Allemagne (Proboneo), en Espagne (Fundación Hazloposible), en France (pro bono lab) et en Pologne (Fundacja Dobra Sieć). Aux Pays-Bas, un projet alors hautement innovant avait déjà été lancé en 1996: Beursvloer. Il s’agit d’un « marché » annuel (ou d’une bourse) où les sociétés, les organisations de volontariat et les autorités locales peuvent se rencontrer et construire des partenariats, alignant leur offre et leur demande.

L’action civique sur base de ses compétences et la démocratie dans l’Union européenne

Le lien qu’il reste à faire est d’explicitement joindre le volontariat de compétences à la démocratie. The Good Lobby veut faire ce lien en agissant, dans la sphère politique européenne, comme un catalyseur à forger des partenariats atypiques pour faire du lobby dans l’intérêt général. En permettant à chacun, qu’elle ou qu’il soit étudiant(e), académique, juriste ou de toute autre profession, de fournir de l’assistance aux ONGs travaillant pour d’importantes causes sociétales, The Good Lobby a l’intention de révéler le potentiel qui sommeille en chacune et chacun d’entre nous de contribuer à une représentation plus égalitaire des intérêts dans le processus décisionnel.

Il ne s’agit pas de parler de « bon » vs. « mauvais » lobbying. Il s’agit d’intégrer les citoyens au cœur des plus importantes décisions affectant leurs vies, s’assurant ainsi que chacune et chacun puisse s’asseoir autour de la table et avoir son mot à dire.

Lobbying par les citoyens pour les citoyens

The Good Lobby croit en cette simple équation. Les ONGs travaillant dans la sphère européenne doivent s’atteler à certains des plus grands défis économiques et sociaux auxquels notre société doit faire face (les migrations massives, les inégalités économiques et sociales, les dégradations environnementales, la promotion de la santé publique et la protection de la vie privée). Elles sont pourtant souvent en manque de personnel et insuffisamment connectées aux citoyens. Pendant ce temps, partout en Europe, il y a des étudiants, des professionnels et des académiques passionnés par toute une série de causes sociales et qui ne demandent qu’à bénévolement mettre leurs talents et leurs compétences au service de ces causes.

The Good Lobby vise à fournir à toutes ces personnes, ainsi qu’à leurs employeurs, des opportunités utiles de volontariat de compétences… des opportunités de s’impliquer bien au-delà des formes traditionnelles d’engagement, telles que seraient un don occasionnel ou la signature d’une pétition.

En rassemblant tous ces acteurs, une forme embryonnaire et innovante de démocratie européenne pourrait timidement voir le jour. C’est notre mission à The Good Lobby, mais nous devons en faire une réalité.

Alberto Alemanno, co-fondateur de The Good Lobby