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Présidentielles 2017

Présidentielles 2017 : Jean-Luc Mélenchon et les CivicTech

20 avril 2017 • By

A quelques jours du premier tour des élections présidentielles, CivicTechno a interrogé les candidats sur leur vision des CivicTech. Troisième épisode avec la vision du candidat de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

CivicTechno.fr est un site apolitique dédié aux technologies civiques, l’ensemble des 11 femmes et hommes politiques prétendant à la fonction suprême de l’État ont reçu le même questionnaire et leurs réponses sont diffusées ici sans filtre ou sélection partisane. 

 

Les Civic Tech aujourd’hui en France ?

Mélenchon France Insoumise Civic Tech CivicTech

La technologie permet un rapport plus direct et horizontal entre les citoyens et leurs représentants politiques. Ceci est bien entendu une avancée positive mais elle est loin d’être suffisante dans son utilisation actuelle et ce pour au moins deux raisons :

  1. la fracture numérique touche encore un bien trop grand nombre de nos concitoyens. Elle peut être sociale, générationnelle ou territoriale. C’est également une fracture dans les usages. Cette disparité porte gravement atteinte à l’égalité entre individus (accès aux services publics dématérialisés, liberté d’expression, partage de la culture et des savoirs). Il faut donc s’y attaquer afin que les technologies soient garantes d’une réelle représentativité ;
  2. le régime de monarchie présidentielle actuel dans lequel un individu élu tout les 5 ans concentre l’essentiel des pouvoirs sans possibilité pour les citoyens d’agir sur ses décisions. Il nous faut donc changer de régime institutionnel, rendre le peuple souverain et favoriser une réelle participation citoyenne notamment via les Civic Tech.

Le rôle de l’Etat est bien entendu primordial dans le renouveau démocratique, la participation collective pour les affaires publiques et l’établissement d’un rapport de confiance entre les élu-e-s et les citoyens.

 

Les CivicTech et la campagne de Jean-Luc Mélenchon ?

La campagne de la France Insoumise accorde une place centrale aux nouvelles technologies et à Internet. La plateforme principale est basée sur Nation Builder. Au delà de l’outil, c’est la stratégie de campagne, qui ne repose non plus sur des partis et des directives mais sur l’implication du plus grand nombre et l’intelligence collective, qui fait la différence.

Ainsi, notre programme – L’Avenir en Commun – est le fruit d’une réflexion collective qui s’est traduite par des milliers de contributions via la plateforme. Par ailleurs, de nombreuses initiatives de campagne sont issues de sympathisants ou militants auto-organisés via Internet. Le Discord Insoumis par exemple a développé des outils de campagne innovants et percutants (jeu vidéo Fiscal Kombat, Mélenphone, etc.).

Mélenchon France Insoumise Civic Tech CivicTech 2

Tout a été mis en œuvre pour protéger la vie privée des utilisateurs qui utilisent la plateforme. La protection des données personnelles et la renégociation du Privacy Shield sont des priorités de notre programme Numérique. Vous en trouverez le détail dans le livret thématique qui lui est consacré.

 

Quelle place pour les technologies civiques dans le programme de la France Insoumise ?

Les Civic Tech et l’utilisation des nouvelles technologies dans la vie démocratique constituent un tournant dans notre représentation et notre rapport vis à vis de la politique.

Ainsi, la transformation du fonctionnement des pouvoirs publics pour plus d’efficacité et plus de démocratie dans la prise des décisions est une priorité majeure. Les outils de budgets participatifs, de co-écriture des lois, de mise en relation des citoyens avec leurs représentants se multiplient. Il faut développer leurs usages et les modes de concertation afin que les citoyens puissent contribuer de la façon dont ils le souhaitent, via les outils numériques et/ou le débat présentiel. Cette participation doit s’appuyer sur l’éducation populaire et les mouvements citoyens. Les débats entamés et les décisions prises lors des assemblées hors ligne doivent pouvoir se poursuivre en ligne afin de faire participer le plus grand nombre. Cette participation en ligne ne doit pas être simplement esthétique. Ainsi, la loi République Numérique portée par Axelle Lemaire fut une initiative à saluer. Cependant, nous déplorons le résultat qui démontre que ce fut plus un outil de communication qu’une véritable volonté de co-construction de la loi.

Mélenchon France Insoumise Civic Tech CivicTech 3

Nous présentons donc des propositions concrètes pour la e-Démocratie, issues du livret « Notre révolution numérique » :

  • Généraliser, dans le cadre de la 6e République, la conception collective des textes de loi avec les citoyens, les propositions les plus soutenues par les internautes pourront être débattues au Parlement dans le cadre du référendum d’initiative citoyenne.
  • Reconnaître le droit de pétition numérique, encadrée par la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) qui pourra accorder une carte électorale numérique sécurisée.
  • Favoriser dans chaque collectivité des hackathons civiques, c’est-à-dire des événements réunissant des citoyens, des élus, des développeurs dans un but d’améliorer des outils donnés. Les solutions développées dans ce cadre deviendront un bien commun. • Développer les projets de gouvernement ouvert et systématiser la publication en open data des données publiques détenues par les collectivités territoriales. • Garantir la diffusion en ligne et l’archivage de l’ensemble des travaux de la Constituante (cf. livret thématique « Changer de République pour faire place au peuple » dans la même collection).

 

Propos recueillis auprès de Charlotte Girard, co-responsable du programme de la France Insoumise


Présidentielles 2017

Présidentielles 2017 : Benoît Hamon et les CivicTech

27 mars 2017 • By

A quelques semaines des élections présidentielles, CivicTechno a interrogé les candidats sur leur vision des CivicTech aujourd’hui en France, leur rôle dans la campagne et la place de la tech citoyenne dans leur programme. Premier épisode avec Benoît Hamon.

CivicTechno.fr est un site apolitique dédié aux technologies civiques, l’ensemble des 11 femmes et hommes politiques prétendant à la fonction suprême de l’État ont reçu le même questionnaire et leurs réponses sont diffusées ici sans filtre ou sélection partisane. 

Benoit Hamon Civic Tech CivicTech

Avez-vous le sentiment que la technologie est bien utilisée aujourd’hui dans la relation avec les citoyens ?

Le numérique change la donne, y compris en politique car il ouvre des possibilités de participation plus grandes. Nous devons nous en saisir pour faire en sorte qu’il contribue à améliorer la relation entre les citoyens et les élus. C’est un outil formidable pour renouer le dialogue dont on a tant besoin à l’heure où notre démocratie va mal. C’est un atout pour créer une société plus collaborative, c’est pour cela que je propose aux français de contribuer à l’écriture de mon programme présidentiel sur : conseilcitoyenhamon2017.fr.

Hamon programme collaboratif civic tech civictech
De bonnes pratiques émergent, des expérimentations positives proposent une nouvelle pratique de la démocratie, portées par des personnalités politiques ou des collectivités locales ou par la société civile comme pour République numérique ou le budget participatif de Paris. La société sait se saisir du numérique pour interpeller le politique sur des sujets importants, le vrai problème à l’heure actuelle est que les institutions ne sont pas toujours conçues pour prendre en compte ces contributions citoyennes : c’est pour cela que je propose le 49.3 citoyen par exemple. Nous devons aussi aider ceux pour qui c’est moins évident de se saisir de l’outil numérique, en soutenant par exemple des associations qui accompagnent les citoyens dans cette démarche. Le numérique doit aussi être un outil de démocratisation de la participation.

Pensez-vous que l’Etat peut être moteur du changement et du renouveau démocratique en participant activement au développement des technologies civiques ?

Bien sûr, l’État a un rôle à jouer pour favoriser l’émergence de ces technologies. Pour autant, est-ce qu’il doit développer lui-même les technologies qui permettent d’améliorer la relation entre les citoyens et les élus ? Je dirais que cela dépend des usages. Certains outils Civic Tech sont plus pertinents s’ils sont développés par des associations ou des startups, ceux qui servent à interpeller les pouvoirs publics par exemple. D’autres outils, comme le site du budget participatif de la ville de Paris peuvent être développés en interne et s’adapter ainsi aux fonctionnements de l’Administration. Lors du Sommet du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert, qui s’est tenu à Paris en décembre dernier, la France a proposé une boîte à outils qui recense et facilite l’accès à des outils de participation, développés par des associations, des entreprises ou des pouvoirs publics dans le monde entier. Cela me paraît être une bonne démarche. Il faut aussi réfléchir à un modèle économique qui permette le développement de la Civic Tech.

Role de l'Etat CivicTech Civic Tech Benoit Hamon Presidentielles

Les Civic Tech sont-elles selon vous un terme « gadget » pour donner du sens aux consultations publiques ?

Les Civic Tech sont des outils numériques dont l’objectif est d’améliorer la démocratie, tant la participation des citoyens aux décisions publiques que l’engagement civique. Ce ne sont pas des gadgets. Par ailleurs ils doivent être utilisés avec sincérité par les élus. Si ce n’est pas le cas, je pense que les citoyens s’en rendent compte.
Il ne fait pas de doute que notre système démocratique n’est pas optimal, les citoyens n’ont pas suffisamment la possibilité de faire entendre leur voix lorsque des décisions publiques sont prises. En revanche, ce serait une erreur de réduire les Civic Tech à la consultation publique en ligne, il existe toute une palette d’outils dont les politiques et les administrations doivent se saisir pour améliorer la qualité et la pertinence de leurs décisions. Les Civic Tech peuvent améliorer la transparence de l’action publique, favoriser l’interpellation des décideurs, comparer les programmes politiques ou faciliter l’engagement bénévole. Ce qui est intéressant aussi c’est quand ils permettent de faire émerger des propositions des citoyens directement et non pas seulement prendre des avis sur des propositions des élus. Les Civic Tech s’ajoutent aux dispositifs de participation classiques, ils ne les remplacent pas. Comme je l’ai indiqué nous devons avoir une attention particulière pour certains publics moins familiers avec le numérique, pour les aider à s’en saisir. Cela peut passer par le biais d’associations qui accompagnent les habitants avec le soutien financier de l’État.

 

Avez-vous utilisé les Civic Tech pour une forme de co-création de programme ou votre programme prévoit il le développement des technologies dites civiques en France ?

plateforme expression hamon 2017 civic tech civictech

Je propose une plateforme numérique sur laquelle les français ont fait des propositions sur de nombreux sujets. Elles seront examinées par un Conseil citoyen paritaire constitué de 40 personnes qui ont été tirées au sort parmi des volontaires. C’est la première fois qu’un candidat à l’élection présidentielle propose ce type de démarche. C’est à l’image de ce que je souhaite faire si je suis élu Président de la République : créer les conditions d’un lien plus régulier entre les élus et les citoyens pour co-élaborer des politiques publiques. Je propose également la plateforme Expressions, ouverte à toutes les initiatives de la société civile, elle est alimentée par des textes, des vidéos, des photos, des films d’animation et des infographies pour éclairer les expérimentations et projets qui construisent aujourd’hui le monde de demain. Je souhaite m’appuyer sur les outils développés par les Civic Tech et aider au développement de nouvelles applications. C’est pourquoi j’évoquais la question du développement d’un modèle économique qui leur permette de se développer. Je m’appuierai par exemple sur les outils de la Civic Tech qui permettent la co-élaboration des lois et de politiques concrètes, mais aussi pour des Conférences citoyennes sur des sujets importants et pour les e-pétitions.


Réflexions

Les Civic Tech survivront-elles aux élections présidentielles de 2017 ?

22 décembre 2016 • By

Ce post est le dernier d’une série de 4 billets dédiés aux impasses de la CivicTech. Cette fois, les acteurs de la Civic Tech partagent leurs visions sur l’avenir de cet écosystème : survivra-t’il aux élections présidentielles de 2017.

La Civic Tech survivra t'elle aux élections présidentielles de 2017

Clara Boudehen – Chargée de mission au cabinet d’Axelle Lemaire

J’espère bien que les Civic Tech survivront à l’élection de 2017 et qu’elles ne sont pas dépendantes du gouvernement actuel. La présidentielle de 2017 est l’occasion pour beaucoup d’entre-elles de se développer et de prouver leur pertinence par des actions concrètes. Par exemple, ‪Voxe.org mène le projet Hello2017 pour informer les citoyens tout au long de l’année, ‪Change.org à lancé Changez 2017 qui propose aux citoyens de faire remonter leurs idées pour la présidentielle. 2017 n’est qu’une échéance mais le mouvement est lancé pour que participation ne se résume plus seulement à l’élection.

Les présidentielles de 2017 ne sont qu'une échéance pour les CivicTech

L’un des défis pour la survie des Civic Tech est son financement. Quelques unes ont déjà trouvé leur modèle économique, mais ce n’est pas le cas de toutes. Pour garantir leur indépendance politique et financière, ces initiatives n’ont pas intérêt à vivre uniquement grâce aux subventions publiques. Aux Etats-Unis, l’écosystème Civic Tech est très développé grâce au investissements de grandes entreprises et à la philanthropie, ce qui est moins commun en France. Axelle Lemaire a choisi de marrainer le projet d’incubateur Civic Tech porté par Démocratie Ouverte et financé par des acteurs privés et para-publics, dans l’optique d’accompagner l’émergence des futures innovations démocratiques et ainsi pérenniser cet écosystème.

Selon moi, les Civic tech survivront à l’échéance présidentielle car leur champ d’application le plus naturel est la démocratie locale en France. De nombreux élus locaux se sont engagés à instaurer un nouveau rapport avec les citoyens, en mettant en plaça des budgets participatifs, des consultations sur les projets d’aménagement ou sur l’avenir de leur ville.

 

Jérôme Richez – Liberté Living Lab

Les civic tech assureront-elles la distraction de la présidentielle ? L’appétence actuelle peut le faire craindre. Pour autant, cette présidentielle et les législatives dans la foulée seront peut-être les dernières élections sans véritable rapport de force citoyen. Ce qui est pointé du doigt aujourd’hui, c’est à la fois un fonctionnement politique et médiatique.

Avec les civic tech, les citoyens deviennent non seulement porteurs de solution, ils se transforment collectivement en « médias », une des composantes essentielles à la démocratie : vérification des informations, attachement pour le fond, capacité à imposer des sujets, à faire émerger des voies progressistes, à faire dialoguer… Ces « citoyens-médias » devraient être actifs dès 2017. Quelle sera la prise de conscience collective ?

 

Valentin Chaput – DemocracyOS

Oui car beaucoup de projets civic-tech ne cherchent pas à entrer dans le jeu électoral qui obnubile le pays pendant un an, mais cherchent au contraire à accompagner la transition vers une société où toutes les décisions sont prises de manière plus collective et plus horizontale.

Florent Guignard – Le Drenche

Cela dépend de la nature de l’initiative. Je n’ai aucun doute que des initiatives comme Parlement et Citoyens, Voxe.org (présent dans 17 pays), Fluicity, Le Drenche ou d’autres survivront à 2017, car soit elles existent depuis plusieurs années ou dans plusieurs pays, soit elles ne sont pas liées à 2017.
En revanche, une partie des initiatives disparaîtra après les élections ; les primaires citoyennes, ou plus généralement toutes celles montées cette année dans le but d’influer l’élection présidentielle auront beaucoup de difficultés à se réinventer une fois cette échéance passée… mais une partie d’entre elles renaîtront 5 ans plus tard, car il y a peu de chances que les choses aient fondamentalement changé d’ici là. C’est une forme de darwinisme des initiatives qui n’est pas forcément malsaine ; à la fin, seules les initiatives qui répondent à un besoin de fond survivront, sous une forme ou sous une autre, et c’est la société qui en sortira gagnante.

 

Vincent Moncenis – DigitaleBox

L’industrie des CivicTech n’est pas née avec la présidentielle française de 2017, cette échéance contribue d’ailleurs à la notoriété et à l’adoption des civictech sans lui nuire, donc elles survivront aux élections présidentielles 2017.

Si certaines CivicTech voient la fin des élections présidentielles comme une date butoir ou la fin de leur projet, c’est qu’elles ont structurellement un problème, une absence de business model, une carence dans leur offre produit ou de service.

C’est le point faible de la scène CivicTech française jusqu’à présent, trop de structures n’ont pas encore passé le cap économique. Structuré en association, parfois dépourvu de business model, avec parfois une approche purement militante les plaçant sur une audience limitée, ces projets peuvent être rattrapés par la réalité une fois l’élection terminé.

Sans raison d’être, sans valeur ajoutée pour l’utilisateur une fois l’élection passé, il y a un vrai risque pour ces projets de disparaitre, c’est dramatique pour eux mêmes, mais c’est aussi dommageable pour la CivicTech toute entière. L’énergie nécessaire, la réalisation du projet, les financements engagés, le temps investit ne doivent pas être perdus ! Cela revient à revenir à l’an 0 pour toutes les parties prenantes du projet et cela ralentit la CivicTech française.

Tous les projets CIvicTech se doivent réfléchir à leur business model et leur pérennité, se structurer en entreprise, intégrer une vision entrepreneuriale et industrielle pour investir des bénéfices dans la recherche et développement pour continuer à developper les meilleurs produits au meilleur prix.

La santé et les performances de cet écosystème en dépendent en France. Nous ne sommes pas seuls, la scène CivicTech est globale. Si nous souhaitons exister, nous devons nous battre à armes égales avec nos concurrents étrangers. Ils sont nombreux, très avancés, très bien structurés et très bien financés, adossés à des fonds d’investissements.

Une fois ce constat fait, aidons nous les uns les autres et avançons.

 

Thomas Champion – Politizr

Difficile de répondre sans faire de civictech fiction… Les mouvements citoyens type “Nuit Debout” risquent d’être réactivés en cas de victoire de l’extrême droite. Certaines startups ou entreprises civictech fortement marquées à gauche et dépendantes d’un financement gouvernemental risquent de disparaître si elles ne pivotent pas. Et en dehors des résultats électoraux : quel avenir pour des initiatives comme laprimaire.org qui par définition devraient disparaitre après les élections ? Une transformation en “parti” politique pour les prochaines échéances électorales peut-être ? Un peu comme Ma Voix ?

Fin de la Civic Tech de gauche ?

En ce qui concerne Politizr, les élections prochaines sont un excellent moyen de faire la promotion de la plateforme mais ne sont en aucun cas une fin en soit. Nous poursuivrons notre développement après les élections présidentielles et législatives.

 

Julie de Pimodan – Fluicity

Une civic tech ne pourra avoir un réel poids que si elle est capable de reproduire le rapport de force qui existe entre les élus et les citoyens. Répondre à une commande publique est donc un non sens, puisque cela revient à créer un outil qui représente le gouvernement et non les citoyens.

 

Maxime Barbier – Bluenove / Assembl

On peut imaginer un éventuel rapprochement de certaines solutions complémentaires. Ira-t-on vers une convergence des acteurs ? En tout cas, je pense que des coopérations sont à monter entre les différents acteurs pour adresser globalement des problématiques.
Je pense aussi que de nouvelles technologies civiques sont à inventer post élection, notamment dans le suivi de programmes, dans la co-définition de nouveaux dispositifs publics, dans la mobilisation collective dans la mise en œuvre d’actions locales, dans la co-évaluation des politiques publiques…


Réflexions

Gouvernement pas si ouvert et open data non intelligible : et si la Civic Tech était vouée à l’échec ? 3/4

20 décembre 2016 • By

Ce post est le troisième d’une série de 4 billets dédiés aux impasses de la CivicTech. Cette fois nous aborderons les problématiques de démocratisation et d’utilisation de l’open data ainsi que le rôle d’un gouvernement ouvert. J’ai proposé aux acteurs de l’écosystème Civic Tech  de partager leurs visions sur les 4 grands freins qui, selon moi, entravent le développement en France des technologies civiques.

Impasses de la civic tech civictech 3/4

La France a pris cette année la présidence de l’OGP : c’est quoi un gouvernement ou une administration ouverte ? Quel est l’apport concret de l’open data pour les citoyens, comment s’en servent aujourd’hui les institutions, les politiques, les usagers, les publics et que pourraient apporter les technologies civiques à ce niveau ?

Clara Boudehen – Chargée de mission au Cabinet d’Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au Numérique

La France a pris la présidence du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert en septembre dernier pour une période d’un an. Il a pour vocation d’améliorer la qualité démocratique des pays partenaires, grâce à plus de transparence de l’action publique, de participation citoyenne et de capacité d’agir des citoyens. Ce qu’on appelle ouverture c’est cette capacité d’agir des citoyens et d’avoir un impact, dans un contexte politique et public donné (gouvernement ou administration). C’est un objectif vers lequel on tend, la France a déjà développé beaucoup d’actions dans ce sens – notamment en termes de transparence, d’ouverture des données et d’implication des citoyens aux différentes échelles de l’action publique – et il reste beaucoup à accomplir.

L’émergence des Civic Tech est conjointe à celle du gouvernement ouvert. Elles partagent cette volonté de transparence, de participation et de développement du pouvoir d’agir. Souvent elles sont les outils du gouvernement ouvert, même si c’est aux administrations de rendre transparentes leurs actions, d’ouvrir leurs données et de mettre en place des consultations de leurs administré

Comment rendre l’ouverture des données intelligible pour tous ? Les données prennent une part de plus en plus importante dans notre vie et la maîtrise que l’on a sur nos données personnelles va être un enjeu majeur dans les années à venir. L’objectif n’est pas que tout le monde sache comment ouvrir les données, ou même les analyser, mais que chacun puisse en maîtriser l’usage. On ne sait pas tous comment construire une voiture ni comment la réparer mais notre but est que l’on sache tous l’utiliser et la maîtriser.

 

Nicolas Patte – Cap Collectif

La Démocratie Ouverte est une évolution naturelle de la démocratie représentative. En démocratie ouverte, le citoyen n’est pas seulement un électeur occasionnel. Il participe activement, s’il le souhaite, à la bonne marche de la société dans toutes ses composantes : fabrication de la loi, organisation territoriale, budgets, amélioration des politiques publiques ; ceci dans un esprit de grande transparence, de co-décision et de co-construction. L’OGP, partenariat que la France préside cette année, est une association de pays souhaitant marcher dans cette direction et s’échanger de bonnes pratiques sur le sujet.

L’Open Data L’ouverture des données est simplement une composante de ce grand plan : c’est la mise à disposition systématique et publique de toutes les données de l’État (moins les données hypersensibles). Le premier bénéficiaire de cette ouverture des données est l’État lui-même, qui améliore l’efficacité de ses prises de décisions à l’aune des données (rendues) disponibles. Le traitement des données ainsi libérées est ouvert à tous : tant à l’administration qu’à la recherche, tant à entrepreneuriat qu’aux simples citoyens. Là encore, l’idée est d’utiliser l’intelligence collective à des fins d’efficacité profitant à tous, c’est la création à grande échelle d’un bien commun numérique. Ce qui, au passage, philosophiquement, permet aussi de renouveler une culture commune et locale, terrain laissé un peu en friche par le fantasme de mondialisation des idées. Et sans nulle doute que la culture est un enjeu puissant des prochaines années pour l’open data.

Les exemples d’ouverture de données sont innombrables. Pour simplifier, on peut discerner deux types de réutilisation accessible des données ouvertes dans notre quotidien : “l’information vigilante” et le “couteau suisse”.

Parmi les informateurs vigilants, nous aimons bien, globalement, ce que produit l’association Regards Citoyens, dont on connaît le travail remarquable sur l’activité des parlementaires, et qui, également, a publié Lumière sur Sunshine, une série de visualisations graphiques chiffrées sur l’activité des laboratoires pharmaceutiques. Les médias, aussi, réutilisent des données ouvertes pour mettre en forme de manière épurée et intelligible des tableaux chiffrés très (trop ?) complexes : c’est ce qu’a fait Le Monde récemment, par exemple, avec leur enquête sur l’augmentation inquiétante du cancer pour certaines tranches d’âge.

Parmi les couteaux suisses, on remarque évidemment la multiplication d’applications “utiles à tous” sur les cendres des tentatives (ou des non-tentatives) institutionnelles de partager l’information publique. Si l’application officielle Vélib fonctionne correctement aujourd’hui, c’est parce qu’elle a été mise à l’épreuve au départ par une application non-officielle basée sur les données ouvertes du service. La plateforme TrainLine (anciennement Captain Train) a connu un succès fulgurant en proposant un service d’achat de billet de train plus abouti que la SNCF avec des données ouvertes par celle-ci (un peu sous la contrainte, il faut le dire). On peut également évoquer Citymapper dont le modèle repose sur les données ouvertes des transports publics dans les grandes villes du monde. Ces exemples parcellaires issus du monde du transport participent à l’amélioration des services et biens communs accessibles à tous grâce à la réutilisation des données appartenant à tous par l’intelligence collective.

 

Partenariat pour un gouvernement ouvert France civic tech civicitech

 

Florent Guignard – Le Drenche

Je pense que la sensibilisation du public et des administrations à l’open data est un des éléments qui peut restaurer la confiance entre le grand public et les administrations. Savoir que les données sont ouvertes et vérifiable crée de la confiance. Je pense que l’open data doit également s’appliquer au journalisme et aux médias ; la confiance envers les médias est en baisse constante, et le secteur manque cruellement de transparence. Plus les données seront ouvertes, et plus cette relation de confiance pourra se (ré)établir.

 

Thomas Champion – Politizr

On a tendance a considérer que les civictech font parti d’un plus grand « ensemble » qui serait l’openGov. C’est intéressant a l’approche de l’OGP… Ceci dit, de mon point de vue, les projets civictech français concernés par les openGov et reposant sur l’openData sont peu nombreuses. Il me semble que Parlement et Citoyens et Questionnezvoselus utilisent/utilisaient les data poussées par l’assemblée nationale. Politizr exploite de manière marginale les données du Ministère de l’Interieur concernant les résultats des élections. Rien de franchement transcendant…

 

Maxime Barbier – Bluenove / Assembl

Un gouvernement ouvert c’est un gouvernement qui accepte de déléguer une partie de la conception, de la décision et de la délivrance de l’action publique. Ca va bien au-delà d’un effort de transparence dans l’action publique, ou que l’ouverture des données. C’est créer de l’empowerment de la société civile (citoyens, startup, …). L’Etat pourrait d’ailleurs se positionner pour faciliter l’incubation de nouvelles initiatives citoyennes, qu’elles soient de portée technologique ou non. C’est pour moi une nouvelle politique publique à structurer au niveau national et local.


Réflexions

Outils de stratégies électorales, CiviCRM et relation au citoyen avec les Civic Tech

11 mai 2016 • By

J’ai répondu à quelques questions à propos des des outils de stratégies électorales comme Nation Builder ou DigitaleBox mais aussi d’un outil gratuit et open source : CiviCRM. Cet entretien (disponible ci-après) a été l’occasion d’aborder la gestion de la relation au citoyen dans les collectivités et de revenir sur l’ADN des logiciels Civic Tech.  

Philippe Gallo (directeur général adjoint des Pennes-Mirabeau et enseignant à l’IMPGT), Olivier CimelièreVincent Moncenis (co-fondateur et Président de DigitaleBox) et Toni Cowan-Brown, V.P. Europe de Nation Builder ont également été interrogés, je vous recommande de les lire ici. 

 

Bonjour François. Qu’est-ce qui différencie CiviCRM des deux logiciels présentés dans l’article (NDLR : Nation Builder et DigitaleBox) ? A qui s’adresse-t-il ?

François Gombert - CivicTechno.fr CivicTech Civic Tech– François Gombert : comme NationBuilder ou DigitaleBox, CiviCRM est une solution de CRM (customer relationship management) mais cette plateforme est libre et gratuite. Une autre de ses spécificités est la possibilité de l’intégrer dans différents CMS : Drupal, WordPress ou Joomla.

CiviCRM est pensé pour accompagner les associations, les organismes à but non-lucratif ou les organisations non-gouvernementales dans leurs campagnes de lobbying et de mobilisation citoyenne. En effet, ces organisations n’ont pas forcément les moyens de se doter de logiciels propriétaires comme ceux présentés dans l’article. D’autres souhaitent, par conviction, se tourner vers du libre.

 

Quels usages peut-on imaginer dans le champ public  ?

– François Gombert : CiviCRM permet principalement de gérer les relations avec les différents publics et de les organiser avec des outils comme des newsletters, des campagnes de sensibilisation ou de mobilisation autour d’événements, de causes…

« Plutôt réservé aux associations et aux ONG »

L’utilisation de ce logiciel dans la sphère publique est plutôt réservée aux associations, ONG… De grands acteurs comme la Wikimedia Foundation, Amnesty International, ou encore l’Unesco l’utilisent déjà ou l’ont utilisé, notamment pour d’importantes opérations de collecte de financement et d’actions humanitaires.

CiviCRM - Civic Tech CivicTech

Je ne crois pas que CiviCRM soit utilisé aujourd’hui par des collectivités territoriales. On devrait d’ailleurs s’interroger sur les outils utilisés par celles-ci pour gérer leur relation avec les publics. J’ai le sentiment qu’aujourd’hui, un grand nombre de collectivités s’interroge encore sur l’organisation à mettre en place pour répondre efficacement aux emails envoyés par les citoyens.

« Imaginer d’autres formes d’outils relationnels pour mieux accompagner, co-construire, mobiliser, évaluer…  »

On pourrait pourtant imaginer d’autres formes d’outils relationnels pour mieux informer, mieux cibler, mieux répondre aux demandes, mieux accompagner, consulter davantage, co-construire, mobiliser, évaluer et améliorer en continu l’efficacité des dispositifs. À quand une relation au citoyen d’aussi bonne qualité que celles mises en place dans les meilleurs services consommateurs ?

Le CEO de SeeClickFix a partagé dans un post ses recettes pour un projet Civic Tech réussi. L’une des plus intéressantes : la nécessité d’une expérience du citoyen qui rivalise avec la meilleure des expériences utilisateur. Il ajoute que si les consommateurs deviennent fans des produits qui collent à leurs besoins, les usagers des services publics pourront créer cette relation avec leurs institutions pour les mêmes raisons.

C’est l’un des grands enjeux pour les collectivités : mettre en place des technologies civiques pour améliorer la gestion de la relation et de la mobilisation citoyenne. Mais attention aux recettes miracles : il ne suffira pas de 3 clics et d’un outil, il faudra repenser toute la communication publique.

CiviCRM 2 - Civic Tech CivicTech

 

Qu’est-ce que la “technologie civique” et quel ADN un logiciel doit-il avoir pour faire partie de cette nouvelle famille ?

– François Gombert : Il n’y a pas de définition officielle, mais selon la Knight Foundation qui consacrait en 2013 un rapport sur l’émergence de la Civic Tech, le secteur se veut « à la croisée de la technologie, de l’innovation, d’un gouvernement ouvert et de l’engagement du citoyen ».

De mon point de vue, l’ADN du logiciel “civique” doit lui permettre d’offrir la possibilité à un citoyen ou à un groupe d’individus de s’engager, d’influer sur les politiques publiques ou de mieux les comprendre. Cette nouvelle famille est donc assez large : des pétitions en ligne, en passant par des outils d’intelligence collective comme ceux qui ont permis de co-construire la loi numérique, ou encore un comparateur de programmes politiques comme celui de Voxe.org.

Enfin, se pose la question de l’ouverture du code : doit-on exclure les logiciels propriétaires des CivicTech ? Même si je reste persuadé de l’importance du libre et donc de l’ouverture pour les collectivités, je ne crois pas qu’on puisse exclure des solutions comme Nation Builder et DigitaleBox dans leur version collectivité, ou encore Change.org et ses audiences qui sont de véritables acteurs numériques du changement en France et dans le monde.

 


Ils font la Civic Tech

LaPrimaire.org : « Tout le monde ne peut pas devenir président mais le président peut venir de n’importe où »

27 février 2016 • By

L’association Democratech (qui a pour ambition de mettre la technologie au service de la démocratie) va ouvrir le mois prochain le site de primaires citoyennes LaPrimaire.org. Le projet ? Organiser une primaire ouverte sur Internet, organisée pour permettre aux Français de choisir les candidats qu’ils souhaitent voir se présenter à l’élection présidentielle de 2017.

Il y a fort à parier que Thibauld Favre et David Guez vont faire parler d’eux dans les semaines à venir : ils font la Civic Tech cette semaine.

Thibauld Fabre et David Guez - LaPrimaire.org

Vous proposez une primaire alternative pour 2017, ce quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une primaire ouverte et démocratique dont la principale caractéristique est d’être organisée hors du contexte des partis politiques. C’est une primaire démocratique car tout le monde peut être candidat et ouverte car elle ne défend aucune idéologie ni aucun programme. C’est aux candidats d’amener leur vision, leur programme, leurs idées et les citoyens pourront interagir avec eux et, in fine, noter chacun des candidats.
L’objectif est de faire émerger un candidat et plus largement une équipe crédible qui puisse avoir toutes ses chances à la Présidentielle de 2017.
De part ses caractéristiques uniques, une telle primaire n’est organisable qu’en ligne, via une application web et mobile (découvrez une présentation en vidéo ci-après). En ce sens, LaPrimaire.org est fait totalement partie de cette catégorie de projets dits de « Civic Tech ».

 

 

Les partis politiques ne représentent donc plus le peuple ?

Ce qui est certain c’est qu’aujourd’hui l’observatoire de la confiance en politique montre que les partis sont l’organisation publique dont les français se défient le plus : 87% des français ne font pas confiance aux partis politiques, c’est énorme !
L’une des explications se trouve certainement dans la déconnexion des partis politiques avec le peuple : tous les adhérents de tous les partis politiques réunis représentent aujourd’hui largement moins de 1% des votants.

Tout le monde, ou n’importe qui, peut-il devenir président ? N’a-t-on pas besoin de compétences, d’une formation et de qualités exceptionnelles ?

Tout le monde ne peut pas devenir président mais le président peut venir de n’importe où. L’état du pays et de la société aujourd’hui, c’est le résultat de la gouvernance continue de « professionnels » de la politique censés avoir ces fameuses compétences et qualités exceptionnelles.
Le résultat est sans appel : ça ne marche pas ! A nous, citoyens, de sortir de ce modèle désormais obsolète et permettre l’émergence de nouveaux talents d’ou qu’ils viennent. C’est pour cela que nous avons créé LaPrimaire.org.

Concourir pour la présidence, cela demande beaucoup d’argent. Comment comptez-vous financer la campagne de votre poulain ?

LaPrimaire.org logo Par les citoyens ! L’essor d’internet, des réseaux sociaux et du crowdfunding permet aujourd’hui de mobiliser directement les citoyens pour défendre les projets auxquels ils croient. De plus, comparé à d’autres pays, la France bénéficie de lois de financement électorale assez strictes et de plafonds de dépenses « relativement » bas, ce qui fait qu’un candidat alternatif peut rapidement devenir compétitif. Le plus gros obstacle reste probablement l’accès et le temps de parole dans les médias de masse mais, si l’engouement derrière LaPrimaire.org continue, qui sait ce qui peut se passer. Tout est possible.

Un président, ce sont des idées, mais on n’échappe pas à l’importance capitale que représente sa personnalité dans le « déclencheur » du vote. Pensez-vous que les Français sont prêts à voter pour un hologramme ?

Tout à fait, quoiqu’on en dise, la personnalité du candidat joue un rôle important et c’est normal car, en tant que citoyen électeur on a besoin d’avoir la conviction que le candidat qu’on choisit sera capable de défendre et de mettre en place le programme et les idées qu’il défend. C’est pourquoi il est primordial que les candidats finalistes de LaPrimaire.org aillent à la rencontre des citoyens  et c’est pourquoi nous prévoyons un tour de France entre octobre et décembre 2016, pour organiser des rencontres et des débats avec les candidats dans toute la France.

Estimez-vous faire partie d’un mouvement, d’une communauté Civic Tech ? Quelles sont, selon vous, les perspectives de ce secteur en France et à l’international ?

Tout à fait, aujourd’hui de plus en plus d’entrepreneurs développent des outils de CivicTech, cette communauté est encore assez jeune en France donc on se connait quasiment tous. En revanche, même si le mouvement Civic Tech est encore jeune, nous pensons que le potentiel est énorme, notamment en France, ou une majorité de citoyen ont une conscience politique très forte, contrairement à beaucoup d’autres pays.

 

 

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Liens de la semaine

Les liens Civic Tech de la semaine #6

21 février 2016 • By

Chaque dimanche, retrouvez les liens Civic Tech de la semaine.

Les liens Civic Tech de la semaine #6

Une large majorité de Français pourraient voter pour un candidat non affilié à un parti – Challenges

Une large majorité de sondés 78% se disent prêts à voter à une élection présidentielle pour un candidat qui ne serait « ni issu ni soutenu par un parti politique », selon un sondage Elabe.

« Ma Voix », ce mouvement politique qui veut faire élire des anonymes à l’Assemblée – We Demain

Le mouvement entend donc mettre en place des outils modernes dans l’hémicycle : La formation à l’activité de député, par exemple, se fera grâce à des MOOC, des cours gratuits en ligne. Une école que Quitterie de Villepin définit comme « un simple cours d’éducation civique 3.0 » et dont elle précise les modules : « Qu’est-ce que l’Assemblée Nationale ? », « Quel est le rôle du député ? », « Quel est le chemin de la loi ? », « Quel sera le rôle de ce député ‘augmenté’ ? »

Le coup de gueule de France Digitale contre l’inculture digitale de certains députés – L’usine digitale

Le projet de loi République Numérique porté par Axelle Lemaire, notre Secrétaire d’Etat, auquel France Digitale a contribué, a été voté en première lecture à l’Assemblée Nationale. Son processus législatif fut novateur, il contient de réelles avancées (open data, neutralité du net…) mais nous restons insatisfaits de la façon dont ont été traités certains enjeux (portabilité des données, traitements automatisés des emails et « loyauté des plateformes »). Nous espérons que la navette avec le Sénat permettra de rendre ce projet de loi favorable à la fois au consommateur et à l’essor de l’économie numérique…

Connaissez-vous DigitaleBox, le concurrent français de NationBuilder ? – Numerama

  • Puisque Jean-Luc Mélenchon et Alain Juppé l’utilisent, la France découvre en ce moment NationBuilder. Mais des entreprises françaises n’ont pas attendu que l’Américain soit à la mode pour proposer leur propre solution de gestion de campagne politique numérique. En France, DigitaleBox propose aussi des solutions, plus abordables.
  • « Je me suis dit à l’époque qu’il fallait aller plus loin que ces outils déjà existants mais surtout, créer un outil qui soit adapté aux cadres européen et français  ». 
  • «  C’est quand même plus logique que l’argent public des campagnes électorales soit dépensé en France via des plateformes françaises plutôt qu’en Californie »
  •  « Dans tous les partis politiques, il y a une culture de la donnée qui existe depuis bien avant la révolution numérique. Pendant 40 ans, Charles Pasqua tenait des petites fiches et ces dernières valaient de l’or. Et elles valent de l’or, car toutes ces données, les politiques peuvent les convertir en voix. »

De la radicalité démocratique avant toute chose – Léa Damotte-Martinovic, Mathieu Guibard et Adrien Peschanski sur MediaPart

La bonne nouvelle est qu’il existe un espace politique à vocation majoritaire pour une véritable radicalité démocratique. Le succès du simple appel aux primaires lancé par des acteurs essentiellement hors du champ politique, l’émergence des «civic tech» et le maintien d’une vie associative extrêmement riche à laquelle participent plusieurs millions de nos concitoyens en sont des illustrations probantes.

La civic-tech renouvelle les outils pour mobiliser les citoyens – Point d’aencrage

L’enjeu de la civic-tech est là : sur de nombreux sujets, les citoyens doivent réussir à imposer un rapport de force aux institutions sans attendre une hypothétique consultation pour avaliser des décisions déjà ficelées. Le succès de Meu Rio au Brésil en témoigne : soixante politiques publiques locales ont été modifiées sous l’influence de ce « lobby citoyen » qui inonde les messageries des élus pour faire entendre les voix des 250 000 inscrits sur la plateforme de mobilisation nossascidades.org. Grâce à l’ouverture de son code, qui rend donc l’outil facilement réplicable, le mouvement se répand dans des dizaines de villes d’Amérique du Sud.

Pourquoi 2016 est l’année de l’engagement citoyen et du local ? – Fluicity sur Medium

Comme on l’a vu ensemble juste avant, les possibilités ouvertes par les nouvelles technologies permettent aux citoyens de s’émanciper des moyens de participation plus traditionnels et officiels, et peuvent créer des liens, des moyens de communiquer leur avis plus facilement aux décideurs politiques. La teneur et les frontières de la notion de “démocratie électronique” sont donc repensées, et s’élargissent pour comprendre toute la multiplicité et la complexité des formes de prises de parole en ligne. Une prise de parole que la civictech souhaite guider et aider à se développer.

 


Ils font la Civic Tech

Programmes politiques : « peu importe la carrosserie, ce qui compte est sous le capot ! » – Voxe.org

16 février 2016 • By

Voxe par le biais de Sébastien Leroux, son « project leader », inaugure une nouvelle catégorie de ce blog : Ils font la Civic Tech. L’objet de cette rubrique est de vous faire découvrir les acteurs des Civic Tech, leur ambition et leur vision à travers une courte interview.

L'équipe de Voxe à la remise des prix du Google Impact Challenge en 2015

L’équipe de Voxe à la remise des prix du Google Impact Challenge en 2015

Quel constat vous a poussé à développer un service de comparateur de programmes politiques ?

Voxe c’est l’histoire de 4 amis qui sont partis d’un constat simple : aucun outil ne permettait alors d’avoir un accès rapide et neutre aux propositions concrètes des candidats aux élections, maintenant c’est chose faite !

Comment intégrez vous les programmes des différents candidats pour les comparer ? Peut-on comparer des programmes politiques comme on compare les caractéristiques techniques d’une voiture ?

Nous utilisons les programmes officiels des candidats et c’est uniquement sur cette base que les comparaisons sont effectuées. Grâce à notre plateforme, les propositions sont au coeur. Les citoyens peuvent comparer les propositions des candidats sur des thèmes précis car il est souvent difficile de dissocier la forme du fond. Pour reprendre votre comparaison, peu importe la carrosserie, ce qui compte c’est ce qu’il y a sous le capot !

Réalisez-vous un travail éditorial qui permet de faire les comparaisons : simplifiez-vous les programmes ? Apportez vous des données supplémentaires pour éclairer les propositions ?

Nous tenons absolument à garder notre neutralité donc nous effectuons simplement un copié-collé des programmes. Cependant, afin de donner aux citoyens toutes les armes, nous donnons des explications autour des propositions. Ces explications factuelles permettent de mieux comprendre le contexte autour des propositions.

Quelles sont les prochaines améliorations qui seront apportées à Voxe ? Quelle est votre ambition à l’horizon 2017, et après ?

Bientôt le site de Voxe sera refait à neuf, notre but est de faciliter au maximum « l’onboarding citoyen » qui reste malheureusement trop compliqué. Nous savons que nous serrons attendus au tournant en 2017 alors nous allons agrandir l’équipe ! De plus, nous développons également une application qui a pour but d’augmenter l’impact citoyen au quotidien !

Estimez-vous faire partie d’un mouvement, d’une communauté Civic Tech ? Quelles sont, selon vous, les perspectives de ce secteur en France et à l’international ?

Les gens deviennent fans de produits qui collent à leurs besoins et à leur univers esthétique. Les gens peuvent devenir fan de leurs institutions pour les mêmes raisons. (3)

Nous sommes très optimistes sur la montée en puissance de la communauté Civic Tech en France comme à l’international. L’émergence de nombreux acteurs et de nombreuses initiatives nous démontrent chaque jour un petit peu plus la nécessité de refondre la relation entre les gouvernés et les gouvernants.

 

Retrouvez la fiche de Voxe dans la Civic-Thèque

 

A venir pour Voxe

  • De nouveaux types d’évènements politiques avec par exemple « Politiques anonymes » (des politiques anonymisés qui débattent du fond avec des citoyens) ou l’organisation de débats dans des lycées (autour des thèmes de la citoyenneté et la politique en 2016) …
  • Une expansion à l’international qui se poursuit avec la couverture d’élections aux Etats-Unis, au Bénin, au Pérou et en Equateur.

 


Liens de la semaine

Les liens de la semaine #5

14 février 2016 • By

Chaque dimanche, retrouvez les liens Civic Tech de la semaine.

Liens Civic Tech de la semaine #5

L’administration change avec le numérique – modernisation.gouv.fr

A l’instar du mouvement Civic Tech aux Etats-Unis émerge en France un écosystème de startups et d’associations animées par des objectifs sociaux. On peut citer des acteurs historiques, comme Regards citoyens ou Open Knowledge France, mais aussi MakeSense, une communauté au service des entrepreneurs sociaux, Voxe.org, un outil de comparaison de programmes électoraux, ou encore le projet Bénévole at home, lauréat du concours Dataconnexions 6. Ce service de cartographie permet de géolocaliser des « anges-gardiens », citoyens solidaires qui proposent leur aide près de chez eux, et les met en relation avec des personnes dans le besoin.

Un trou noir a absorbé le gouvernement – Antoine Brachet sur le Huffington Post

Curieux de tout, comme beaucoup d’autres citoyens, il est rare qu’un événement important se produise sans que je n’en sois alerté, en quasi temps réel, par le truchement de ceux à qui j’ai accordé ma confiance sur Twitter ou Facebook, et dont je peux donc suivre le fil d’actualité.

Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre avec plusieurs heures de retard qu’un remaniement ministériel a eu lieu récemment.
Un remaniement, du point de vue politique, est généralement considéré comme une arme de communication puissante auprès des citoyens.
Les choix de personnel politique réalisés à cette occasion permettent la mise en perspective de la vision du gouvernement pour les mois à venir.

Etat d’urgence : demandez à votre député pourquoi il n’a pas voté lundi – Liberation

Problème de calendrier, à la maison avec leur enfant malade, retenus à la buvette… Où étaient les 433 absents (qui pourront se rattraper, mercredi soir, lors du vote solennel sur l’ensemble du texte) ? Puisque nous les avons listés ci-dessous, n’hésitez pas à leur demander directement via Twitter.

Gouvernance, le talon d’Achille de la blockchain – Octo

Le sujet de la Blockchain est hype. Pas un jour où l’on n’entende parler de la Blockchain comme la nouvelle révolution numérique, l’avenir du Web ou l’Uberisation d’Uber. Derrière le buzz se cache l’idéal d’une société à la gouvernance complètement distribuée. En se basant massivement sur la technologie, la Blockchain donnerait le pouvoir et le contrôle au peuple au lieu de le concentrer dans les mains des grands acteurs, états ou multinationales. Mais une gouvernance distribuée est-elle vraiment souhaitable ? Et d’ailleurs, fonctionnerait-elle vraiment ? La dernière crise du Bitcoin semble montrer l’inverse.


Réflexions

Les médias PutaClic créent une place pour les médias Civic Tech

14 février 2016 • By

Doit-on opposer les médias « PutaClic » (qui cherchent les coups médiatiques pour générer de l’audience et vendre de la publicité) aux médias Civic Tech (qui souhaitent informer les citoyens et leur donner les clefs permettant de se forger un avis) ? 

Putaclic VS CivicTech

Cette question s’est à nouveau posée cette semaine au sujet de l’adoption de l’article 1 de la révision constitutionnelle sur l’état d’urgence.

Des médias « classiques » qui ont besoin de faire de l’audience avec des sujets #PutaClic ?

Au lendemain de l’adoption de l’article 1 de la révision constitutionnelle sur l’état d’urgence, le Petit Journal fait un sujet dénonçant (façon divertissement, sans la moindre explication sur le fonctionnement du travail législatif) une mesure adoptée en l’absence de 438 députés (sur 577). Le sujet n’informe pas le public, renforce la défiance envers les députés mais fait le buzz, et c’était le but.

 

Françaises, Français, en vert les circonscriptions représentées hier à l’Assemblée nationale lors du vote. 438 députés absents sur 577. Voilà.➡ http://bit.ly/1V1B7iu

Posté par Le Petit Journal sur mardi 9 février 2016

 

Le même jour, Libération se fait plaisir et publie : Absentéisme – Etat d’urgence : demandez à votre député pourquoi il n’a pas voté lundi. L’idée ? Inciter les français à interpeller leurs élus sur Twitter pour leur demander où ils étaient lundi… Mais surtout en générant du trafic vers le site de Libération et vers son compte Twitter. De la bonne grosse ficelle bien #PutaClic.

 

 

Et en face, de « nouveaux médias » Civic Tech ?

Le même jour, Jean Massiet met en ligne son podcast La Vie Publique. Au menu : Absentéisme, nos députés sont-ils VRAIMENT des branleurs ?

 

Cette vidéo fait le boulot d’explication du travail législatif et de la vie de l’assemblée (que d’autres médias ne font pas car l’information publique passe après la course au clic ?). On comprend très clairement pourquoi il y a tant de députés absents le lundi. Pour autant, le podcasteur n’est pas là pour défendre les élus et avance que la crise de confiance envers les députés (mais pas que) est en fait liée au cumul des mandats et que ces derniers doivent y renoncer.

Les médias peuvent-ils faire partie de la Civic Tech ?

Parmi les définitions de la Civic Tech, on retrouve par exemple celle du journaliste Alex Howard : « tout outil ou processus que les individus ou les groupes peuvent utiliser pour influer sur la scène publique ». 

Les médias comme La Vie Publique à l’instar du journal de débat Le Drenche (qui sonde l’avis des internautes sur un sujet avant et après avoir diffusé des éléments d’informations factuels et non partisans) ont à mon sens toute leur place dans ce nouvel écosystème Civic Tech.

L’information qui permet d’éclairer les décisions des citoyens est tout aussi importante que les plateformes qui permettent de faire remonter son opinion ou de co-créer les politiques publiques.

 

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